jeudi 24 septembre 2015

Soleil noir de Paul Ohl

Soleil Noir  Paul Ohl  Québec-Amérique  383 pages


Résumé:
Vadim Herzog est un spécialiste: marchand d'art, il approvisionne de façon plus ou moins légale les collectionneurs privés friands de pièces rares.  Engagé par un richissime et excentrique collectionneur, il part pour l'Amérique du Sud à la recherche d'un trésor plus que rare, quasiment mythique: le masque funéraire d'Atahualpa, le dernier Inca, dont l'existence n'est même pas prouvée.

Mon avis:
En tout cas, après la lecture de ce livre, on a qu'une envie: se plonger dans cette culture riche et formidable que fut la civilisation inca, avec son organisation sociale élaborée, ses mythes, ses traditions et ses réalisations.  Et on ne peut s'empêcher de secouer la tête en pensant à ce que les Espagnols en ont fait, Francesco Pizarro en tête.  Si le début du roman nous présente surtout Herzog et le chemin qui le mènera à accepter l'offre de Pouzol de Souillac, la deuxième partie du roman nous plonge directement dans la conquête espagnole de l'Empire Inca, en mettent en scène les personnages de l'époque, haut en couleur: Atahualpa, Pizarro et tous ceux qui les entouraient et qui ont joué une danse des géants.  Cette partie est particulièrement intéressante, certes sans doute romancée en partie, mais qui nous permet de plonger au coeur des événements ayant eu de formidables répercussions pour les peuples des Andes, même encore aujourd'hui.  Le reste du livre est constitué des pérégrinations d'Herzog à la recherche du masque funéraire, pérégrinations qui sont en fait un prétexte pour nous faire découvrir le pays et les conditions de vie de ses habitants.  On ressent beaucoup de colère face à tant de pauvreté, mais on comprend alors que les Espagnols, même cinq siècles plus tard n'ont pas complètement vaincu: l'âme du peuple Inca est toujours vivante.  Certes, c'est là la thèse que défend l'auteur tout au long du livre et on est poussé à le croire, mais n'empêche, je ne peux m'empêcher d'y trouver un fond de vérité.  Par contre, il n'affirme jamais que la culture du peuple inca était sans tâche: on y parle avec honnêteté des sacrifices humains, de l'obéissance absolue à l'Inca et de la centralisation de ce peuple.  De l'autre côté, on voit l'aveuglement des Espagnols et toutes la portée de leurs actes, impacts encore parfaitement visibles des siècles après leur mort.  J'ai eu du mal à accrocher au personnage d'Herzog, il m'a paru plat, sans relief, plus un prétexte à une longue balade et à nous faire découvrir ce peuple qu'un véritable personnage.  Même son entrée dans les mystères incas m'a paru surfaite.  On sentait trop la volonté de l'auteur de vouloir nous faire découvrir quelque chose.  Côté historique, cet ouvrage est une merveille, mais pour la partie qui se passe à notre époque, on sent trop le pamphlet pour bien apprécier le roman.  L'écriture de l'auteur est porteuse, on sent chacun de ses personnages, même les secondaires, rien n'est vraiment carton en eux, ce qui ne fait que désavantager Herzog, qui lui, est fait en carton.  Son cheminement m'a paru superficiel et sa décision finale, je ne l'ai pas comprise, je n'ai pas saisi à quel moment il a pu évolué dans cette direction et ça fait grandement défaut à ce livre.  Pas une gigantesque réussite, mais un roman qui vaut la peine d'être lu pour rendre hommage au peuple inca.

Ma note: 3.75/5

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