lundi 9 février 2015

Lire des heures...

Salut!

Quand j'étais adolescente, je me rappelle particulièrement bien un après-midi d'été où j'avais lu... tout l'après-midi.  Au complet.  À en avoir des marques de divan sur les cuisses et les bras.  À changer de position toutes les heures parce que j'ankylosais.  À en venir à lire les pieds en l'air parce que c'était la seule façon d'être confortable.  À être dans le fond dans mon livre.  Je ne me rappelle plus combien de pages j'avais lu ce jour-là, mais j'avais diablement progressé.  Le lendemain, ma mère m'a fait remarqué que j'avais énormément lu la veille et que là, j'avais des tonnes de vaisselle à essuyer :/

Des souvenirs de soirées complètes, d'après-midi entier, d'heures le nez rivé à un livre, j'en aie des tas.  Ce sont ces dernières années qui causent problèmes.  Il me semble que plus je vieillis, plus le temps que je consacre à la lecture est fragmenté, éparpillé.  Pire, j'ai du mal à rester concentrée sur mon bouquin vraiment longtemps.  C'est sûr que j'ai des horaires qui rendent le temps à consacrer à la lecture plus difficile à trouver, mais on a aussi récemment parlé d'un facteur que je n'aurais pas soupçonné: l'effet internet.

Selon certaines recherches scientifiques récentes, l'utilisation des plates-formes de réseaux sociaux (dont le grand catalogue de visage bouffeur de temps), diminue notre capacité à nous concentrer sur un texte sur une plus longue période.  Enfin, c'est ce que des études disent!  J'en aie lu plusieurs sur la question au cours des derniers mois (désolé de ne pas vous mettre de lien, je n'ai pas noté les adresses), au point de me demander à quel point ma fréquentation des réseaux sociaux pouvaient handicaper ma capacité à lire...  Je me suis vraiment posé la question!

Jusqu'à ce que je tombe sur cet article qui m'a marqué au point que j'en note l'adresse (et que je pense enfin à me faire un petit calepin numérique d'adresse intéressante pour mon blogue!).  On y parle de cette fameuse idée de la belle époque où on lisait des heures, plongé dans une oeuvre au point où l'on oubliait jusqu'à la notion d'horloge.  Est-ce bien la réalité, ou la réalité améliorée et sélective que notre mémoire aime bien nous rappeler?  Si je réfléchis bien, je me souviens bien plus de livres lus avec un signet que de livres lus d'une traite, peu importe l'épaisseur.  Et je me souviens des nombreuses années où je me gardais un 20 minutes de lecture sur l'heure du dîner pour être sûre d'avoir du temps pour lire.  La réalité, c'est bien plus ça que de dévorer un bouquin en quelques heures.

Alors, le problème est-il que j'ai plus de mal à me concentrer à cause de l'effet réseau social qui transforme mon cerveau ou seulement que je suis comme la moyenne des gens, toujours en train d'essayer de trouver du temps pour lire?  Je crois que A n'est pas fou, mais que B est plus important.  Je réussis, comme tous les lecteurs qui aiment vraiment lire, à me trouver du temps pour me consacrer à mon loisir favori chaque jour, mais ça reste un combat quand on pense au nombre de distractions, réseaux sociaux inclus, que compte ma vie.  Serais-je à nouveau capable de lire des heures?  Oui, sûrement, détendue, sans vaisselle qui traîne, lavage à faire ou entraînement de jiu qui s'en vient.  Ce qui risque peu d'arriver.

Au lieu de rêver d'un hypothétique paradis perdu du temps de ma jeunesse où je pouvais lire des après-midi entier, je devrais essayer de me trouver un petit moment chaque jour où je peux lire sans dormir sur mon livre.  Ça me fera un petit morceau de paradis à savourer chaque jour.

@+ Mariane

5 commentaires:

  1. Je ne lis plus jamais des heures en ligne non plus. Même pas une heure, en fait! Je lis plutôt dans les petits moments du quotidien où je perdrais mon temps, sinon: un audiobook en marchant vers le travail (ou un ebook quand il fait assez chaud pour tourner les pages), un quinze minutes sur l'heure du dîner, et en faisant du vélo une demie-heure tous les soirs. Et bien sûr, ma liseuse est toujours dans ma sacoche, prête à me tenir compagnie dans les files et les salles d'attente. Ça finit par me faire lire pas mal. Mais sur mon divan, le soir, la tentation de l'Internet est trop forte!

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  2. Je pensais comme toi que je n'avais plus la capacité de concentration nécessaire pour lire pendant des heures, mais quand j'ai été alitée vers la fin de ma grossesse, j'ai passé des après-midi à lire, comme quand j'étais ado. Je pense donc que c'est surtout une question de quotidien qui prend trop de place. (Tu vois présentement, je lis pas du tout! lol!)

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  3. J'ai lu tout ton billet ! Au lieu de lire une page de roman.

    Et je suis contente comme ça quand même. Et je m'offre de temps en temps des PM de lecture. En pyjama bien sûr. Question de priorité. La vaisselle attend, la poussière se dépose, la neige s'amoncelle. Et je suis heureuse, je ne les vois plus, je suis ailleurs.

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  4. @Myr_heille, on appelle ça s'adapter et multiplier les moments où l'on peut lire! :)

    @Gen, c'est drôle je comprends que tu n'aies plus le temps de lire. Même pas des Fables de La Fontaine? ;)

    @Venise, j'ai la même philosophie face à la poussière: de toutes façons, d'une façon ou une autre, elle trouve toujours le moyen de revenir, alors autant lui ficher la paix de temps en temps! ;)

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  5. @Prospéryne : La puce est encore un peu jeune pour les fables. Je lui en récite quelques-unes, mais pour l'instant, on lui lit surtout Binou et Mr Mou! :p

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