vendredi 30 mars 2012

La principale source de distraction (Bis)

Ce que ça donne en image...


Je jure que ce n'est pas du tout exagéré!  (mage via Bookpaperscissors)

@+ Prospéryne

jeudi 29 mars 2012

Prix des libraires 2012: Catégorie Roman Québécois

Salut!

Me voici de retour avec la sélection du Prix des libraires du Québec, volet Roman Québécois cette fois-ci.  On met à l'honneur le roman d'ici!  Et comme à chaque année, on a droit à une superbe sélection.


Bon, premier et non le moindre, Arvida.  Honnêtement, c'est celui-ci que je mets en tête de liste pour les chances de recevoir les honneurs au Lion d'or.  Cette histoire basée sur le village natal de Samuel Archibald, Arvida, et raconté comme si c'était un conte tenant à la fois du fantastique et de la virée alcoolisée a séduit pas mal de monde.  Pas vraiment moi par contre.  On dirait que le battage médiatique fait autour de cette oeuvre m'en a écarté plutôt que rapprochée.

Hongrie-Hollywood Express maintenant.  Je dois avouer que je ne sais pas trop quoi penser de celui-ci.  Un roman sur les États-Unis, détruisant au passage quelques mythes et prenant un malin plaisir à mettre ses personnages connus dans les situations les plus loufoques.  Une partie de moi se braque un petit peu: pourquoi écrire encore sur les États-Unis?  William S. Messier avait réussi un superbe recueil de nouvelles dans le même genre en mettant en scène ses personnages dans les Cantons de l'Est.  Je suis un peu tannée de voir encore notre grand voisin du Sud et sa mythologie faire des petits dans notre littérature.  Ça n'enlève sûrement rien à la qualité littéraire de ce roman par contre. 

Premier roman de l'auteure Catherine Leroux, on peut dire que celui-ci se taille une place dans la cours des grands dès le départ.  C'est une histoire de famille, on en a vu d'autres, mais en même temps, une histoire de famille bien racontée peut nous transporter très loin, parce qu'au fond, quelque soit notre famille, on a tous envie de la comparer à un moment ou à un autre!  Par contre, je ne suis pas certaine qu'elle va remporter le prix.  Ok, c'est un premier roman, comme Samuel Archibarld, mais il me semble qu'il faut lui laisser le temps de faire ses armes.  En tout cas, chapeau au graphisme de la couverture, j'adore! 

Jean-Simon Desrochers avait déjà frappé un sacré coup dans la cours des grands avec son premier roman La canicule des pauvres.  Ce n'est absolument pas une surprise pour moi qu'il se retrouve en lice pour le Prix des libraires avec son deuxième opus.  Cette histoire d'un carambolage en pleine tempête où les flocons de neige semblent représenter les grands de sable dans un sablier me semble avoir d'excellentes chances de repartir avec les honneurs.  Si ce n'est pas Arvida, c'est sûrement Le sablier des solitudes.  Ce sont les deux candidats qui sont à mes yeux les plus solides.

Sous béton est mon favori secret de la course.  En prime, il paraît que l'auteure vient de mon coin!  Et il y a aussi que je suis heureuse de retrouver une oeuvre de genre, ici de la science-fiction, parmi des candidats plus littérature traditionnelle.  L'histoire de cet enfant, enfermé dans une pièce minuscule d'un immeuble immense, a quelque chose de troublants et prête sa voix à une très belle histoire.  Bonne chance Karoline.  Et encore une fois, j'adore le graphisme de la couverture!

@+ Prospéryne

mercredi 28 mars 2012

Les villages assoupis: 1- Transtaïga d'Ariane Gélinas

Les villages assoupis  tome 1  Transtaïga  Ariane Gélinas  Marchand de feuille  144 pages

Résumé:
Anissa a tué sa collègue Léonie.  Un crime passionnel.  La jeune femme de 25 ans y voit cependant un signe, celui qu'il est temps pour elle d'aller rejoindre sa grand-mère, une chamane leader d'une secte complètement coupée du monde, là-bas, tout au bout du monde civilisé, aux confins de la route Transtaïga.  Elle s'embarque donc pour un étrange voyage, un cadavre au fond de son coffre, sur les routes de la Jamésie.

Critique:
En lisant ce livre, je ne pouvais pas m'empêcher de penser à Guy de Maupassant.  L'écriture d'Ariane Gélinas n'est pas aussi aboutie que celle de l'auteur français (faut lui laisser une chance, c'est son premier roman!), mais l'atmosphère qu'elle a réussit à créer me faisait indéniablement penser au Horla.  En fait, le roman pourrait être mis en droite ligne avec les auteurs fantastiques du XIXe siècle, mais transporté en plein Grand Nord québécois et teinté de chamanisme.  Un beau mélange.  J'ai trouvé que la scène du meurtre de Léonie en tout début de roman manquait un peu de tonus, mais pour le reste, ça s'est rapidement corrigé.  La longue virée en voiture sur les routes désertes du grand Nord québécois, un cadavre, puis deux dans le coffre avait quelque chose de terrible.  Mais c'est le contact avec la réalité que perd progressivement Anissa qui marque cette partie.  Elle fait de longues digressions vers le passé et on a aussi droit à des extraits du journal de sa grand-mère chamane.  La folie guette!  Mais une folie teintée de mysticisme amérindien, ce qui fait très différent de bien des choses que j'avais déjà lu.  Certes, certes thèmes d'ésotérisme sont universels et se retrouvent dans le roman, mais la manière dont c'est traité fait tâche.  Je n'ai pas entièrement embarqué dans certaines parties de l'intrigue, elles étaient un tantinet trop détachée de la réalité pour moi, mais n'empêche, le fait que ça se passe dans le Grand Nord québécois qu'on connaît si peu m'a énormément plu.  À découvrir.

Ma note: 4/5

mardi 27 mars 2012

Stieg Larsson avant Millenium de Guillaume Lebeau et Frédéric Rébéna

Stieg Larsson avant Millenium  Anatomie d'une oeuvre  Scénario de Guillaume Lebeau  Dessins de Frédéric Rébéna  Denoël graphic  Non-paginé

Résumé:
En trois temps marquant de la vie de Stieg Larsson, on explique la personne et aussi un peu, la genèse de Millenium.

Critique:
Personnalité complexe que ce Stieg Larsson au fond.  Et cette BD le montre clairement.  Un être épris d'absolu, entier, mais en même temps, intransigeant comme le sont tous les convaincus.  On voit un épisode de son enfance, un autre de sa jeune vie d'adulte et finalement, un long passage sur la fondation d'Expo.  Et à travers ces trois moments, sans doute soigneusement choisis, on comprend beaucoup de choses.  D'abord l'enfance, passée auprès d'un grand-père qui a été emprisonné durant la Seconde Guerre Mondiale pour ses allégeances pacifistes et communistes.  Celui-ci, on le voit très clairement, aura une influence très profonde sur le jeune Stieg.  Les auteurs utilisent l'allégorie du renard que chasse le grand-père pour montrer l'influence des mouvements d'extrême-droite.  Une bonne partie des idéaux du futur journaliste ont été assimilé à cet âge.  Précoce donc, mais en même temps, leur profond ancrage surprend.  Et le mènera à certains extrêmes, comme lorsque dans le deuxième épisode, il se joint aux combattantes érythréennes pour leur apprendre le maniement d'armes.  À ce moment se déploit son féminisme: il veut venir en aide à des femmes, traumatisé par un viol collectif  commis par ses amis et dont il a été le témoin involontaire et en quelque sorte le complice.  Il prend alors une part active au combat, mais dans la violence, totalement en contradiction avec les enseignements de son grand-père, mais en lutte avec son grand ennemi de toujours: la droite.  La droite et la raison du plus fort.  Par la suite, on le rejoint dans la fondation d'Expo et ses démêlés avec la droite.  Homme de conviction, il ne reculera pas, même devant les menaces.  On voit dans cette partie la genèse des idées de Millenium.  Et comme il l'explique lui-même, il veut utiliser les droits d'auteurs qu'il touchera pour faire grandir Expo et la lutte contre la droite.  Je me demande bien ce qu'il pense de l'usage que son père et son frère font de l'argent que son travail a rapporté...  Les dessins de cette BD sont fait au crayon charbon, ce qui donne une ambiance particulière.  Pas d'encrage comme dans beaucoup de BD en noir et blanc, mais un ensemble de nuance de gris, tous très sombre, uniquement différencié par le poids que l'illustrateur a mis sur son crayon en dessinant.  Ça donne une ambiance étrange, que j'oserais dire très scandinave à la BD.  On met d'ailleurs un temps à reconnaître une patte distinctive tellement le travail pourrait passer comme étant primaire, mais non, c'est magnifiquement bien dessiné.  Un bon ouvrage à lire pour qui veut mieux connaître Stieg Larsson, sans se taper une biographie complète, mais en lisant une très bonne BD.

Ma note: 4.25/5

lundi 26 mars 2012

En vouloir à l'auteur

Salut!

Ça m'est arrivée plusieurs fois dans ma carrière de lectrice de finir un livre en grinçant des dents.  Le dernier exemple en date?  Non, disons le plus marquant de la dernière année: La réparation de Katia Gagnon.  Je lui en VOULAIS.  Vraiment!  Du plus profond du coeur.  Je ne l'ai jamais croisé dans un Salon du livre ou ailleurs, mais si jamais ça arrive, je vais le lui dire en pleine face (poliment quand même!): pourquoi avoir mis une telle fin, pourquoi le gars de la fin sort-il du chapeau comme les magiciens en sortent un lapin?  Et pourquoi ne pas me dire ce qui arrivent aux tortionnaires de Sophie Michaud, j'aurais voulu le savoir moi!  Merdouille!  Quand j'ai lu ça, je lui en voulais tellement!  Parce qu'elle avait gâchée une excellente lecture.

Ça m'est arrivée à quelques reprises.  De vouloir lâcher là mon livre, aller trouver l'auteur et lui dire ma façon de penser parce que l'histoire finissait d'une façon toute autre que celle que je l'espérais, ou différente du reste de la série ou n'importe quoi d'autre.  Parce qu'au final, mes attentes envers ce livre étaient déçues.  Ok, non, c'est pas juste mes attentes qui étaient déçues, c'est plus complexe que ça.  Mais dans tous les cas, j'ai été plus que déçue.  La déception, je peux faire avec, mais il arrive que ça soit pire, vraiment pire.  Je prends l'exemple des Léonis.  J'ai lu toute la série en lui trouvant des défauts, mais la fin m'a tellement semblé déconnectée du reste de la série que je me suis tapée sur les doigts de l'avoir lue jusqu'à la fin.  Elle était tellement poche la fin!  Sans fausse blague!  En tout cas, c'est mon opinion, si quelqu'un l'a adoré tant mieux!

Quand on lit, on a des attentes et il peut nous arriver d'être déçu.  Ça arrive.  J'ai souvent fermé des livres en me disant que la fin n'était pas à la hauteur du reste.  Normal, les auteurs ne peuvent pas plaire à tout le monde et forcément, quand on a adoré une série, des éléments en cours de route peuvent nous déplaire royalement.  Je vise la fin, mais ça peut arriver à n'importe quel moment en fait.  Parce que l'auteur met quelque chose dans notre livre qui nous fait décrocher, qui nous semble débarquer d'une autre planète dans un livre qu'on adore et qui change tout, bref, quelque chose qui fait en sorte que notre plaisir de lecture est gâché.  Et à ce moment, on en veut à l'auteur.  De façon brève ou prolongée.  En ce qui me concerne, je ne commettrai jamais un crime pour ça, mais ça peut tellement me faire grincer des dents par contre!  Et gâcher un souvenir de lecture.

Auteurs, sachez une chose: je vous aime quand même.  Mais y'a des fois où...

@+ Prospéryne

samedi 24 mars 2012

Lady S: 4- Jeu de dupes de Aymond et Van Hamme

Lady S  Tome 4  Jeu de dupes  Scénario de Jean Van Hamme  Dessins de Philippe Aymond  Collection Repérages  Dupuis  48 pages

Résumé:
Suzie est en vacances en France avec son père adoptif, lieu de ses anciens exploits de voleuse de haute voltige.  Ce qu'elle ignore, c'est que la CIA est sur ses traces et désireuse de connaître la mystérieuse agence qui l'emploi à l'occasion, agence dont la CIA ignore à peu près tout sauf son existence.  Et ils mettent au point un stratagème pour que Lady S les mène à eux, ignorant que celle-ci n'en connait pas plus long que la CIA sur cette agence.

Critique:
Un album mené à tambour battant.  Lady S est en fuite durant la presque totalité de l'album, ce qui n'aide pas à maintenir un rythme lent, c'est sûr et certain.  Et l'aide viendra de personnes et d'endroits inattendus.  Lady S y apprendra pour qui elle travaille, mais aussi quels sont leurs buts.  Très intéressant cette idée d'association des retraités des agences de renseignement.  Peut-être pas extrêmement réaliste, mais quand même brillante.  J'ai beaucoup aimé.  En tout cas, la manière dont on est introduit à eux est pour le moins originale.  Et cette fois, Lady S aura le choix de continuer ou arrêter, car elle sait désormais la cause qu'elle sert.  Autre point intéressant, Lady S y coupera ses derniers liens avec son passé de délinquance, ce qui signifie que son avenir est désormais dégagé.  Rien à redire du côté des dessins et des cadrages, brillant comme d'habitude.  Il y a un personnage d'introduit dont je sens qu'il pourrait devenir récurrent, va falloir surveiller ça.  Je ne dis pas lequel de peur de me tromper :P

Ma note: 4/5

Je remercie Diffusion du livre Mirabel et plus particulièrement Frédéric pour ce service de presse.

vendredi 23 mars 2012

La lecture et le moral

Salut!

Des baisses de régime, des déprimes, des passages à vide, des bouts plates, on en a tous à un moment où à un autre.  Ça fini par passer, des fois tout seul, des fois une petit bière aide un peu (hihihi!)  Dans tous les cas, personnellement, je n'arrête pas de lire.  Il y a certaines choses qui m'éloignent de la lecture, mais pas une déprime.  Par contre, je me connais assez depuis le temps pour savoir que je dois fuir certains livres dans ces circonstances-là.

Et oui, mon moral influe sur mes lectures.  De la même manière que mes clients me demandent parfois un livre pour remonter le moral d'un proche (parfois même, des gens en phase terminale à l'hôpital), je me tiens plus proche de certains livres et plus loin de d'autres à certains moments.  Hors de question de commencer pour moi un livre qui entre dans mes critères comme étant déprimant quand je le suis moi-même.  Ou dans un essai qui parle d'une situation noire.  Plombe-moral.  Et quand le mien ne vole pas haut, vaut mieux s'abstenir.  C'est une des raisons pour laquelle je n'ai pas lu de file les trois tomes de la trilogie Le grand cahier d'Agota Kristof.  Ça me plombait trop le moral.   À d'autres moments, ça ne m'aurait pas dérangé par contre.  Je suis mes instincts en la matière.

Parce que la lecture fait partie de ma vie, elle en suit le rythme.  Parfois il y a des hauts, parfois, il y a des bas.  Ce n'est pas constant.  Certains livres, excellents au demeurant, lus durant une période plus sombre ne m'ont pas paru aussi bon.  Et d'autres livres, beaucoup moins bon ont su profiter de mon indulgence à d'autres moments!  J'ai aussi tendance, quand ça va super bien, à lire moins...  Pourquoi?  Habituellement parce que j'ai trop d'autres choses à faire!  Mais je ne reste jamais très longtemps loin de mes bouquins.  Parce que moral au sommet de la montagne russe de la vie ou au fond de la grande pente, reste que lire est pour moi aussi naturel que respirer.  Et que rien ne m'empêche de lire... sauf le chant de sirène de mon lit!

Est-ce que ça existe des livres qui soient d'absolus plombe-moral?  Oui, sans doute.  J'en suis sûre.   Mais reste que certains adorent les romans noirs et dépriment en lisant de la chick-lit!  Chacun ses goûts.  Après tout, il faut de tout pour faire un monde!

@+ Prospéryne