jeudi 7 novembre 2019

Le livre des chevaliers d'Yves Meynard

Le livre des chevaliers  Yves Meynard  Alire  308 pages


Résumé:
Adelrune est un enfant trouvé, adopté par un couple sévère, observateurs scrupuleux de la Règle.  Seulement, l'enfant trouve un jour un étrange livre dans le grenier, surnommé Le livre des chevaliers.  Fasciné par les images, il fera tous les efforts pour apprendre à lire afin d'en comprendre le message.  Et une fois qu'il l'aura lu, son but sera à son tour de devenir chevalier.  Mais être chevalier sera-t-il vraiment comme il l'a imaginé?

Mon avis:
Ce livre tire visiblement son inspiration des vies de chevalier du Moyen Âge et montre l'importante que pouvait acquérir ce genre de récit.  L'auteur en reprend donc les codes et en grande partie aussi la façon de raconter.  Ce qui en fait un récit intéressant, mais pas nécessairement passionnant.

La première partie, où Adelrune est enfant et où sa vie morne et austère, dépourvue d'affection parentale (il est un enfant trouvé et on le lui rappelle constamment) est éclairée par la présence de ce livre qu'il trouve au grenier.  J'ai beaucoup aimé cette partie, parce qu'elle démontre parfaitement comme le pouvoir de la lecture peut transformer une vie.  Quand notre héros, convaincu par ses lectures décide de quitter son patelin pour entamer une aventure qui lui conférera son titre de chevalier, le récit change énormément.  Il trouve son maître et entame sa formation, qui représente au fond une partie assez courte du livre, avant de le quitter pour des aventures qui lui permettront de devenir lui-même chevalier.  C'est un schéma assez classique donc, mais en même temps, il s'en éloigne.

De un, lors de sa formation, la personnalité de son mentor est très peu explorée et son entraînement reste vaguement décrit.  On s'en remet aux connaissances du lecteur sur la chevalerie pour le déduire.  Ensuite, lors de ses aventures, Adelrune ne poursuit pas une quête classique.  Il vit une série de péripéties, qui semble avoir peu d'impact sur sa personnalité et ses capacités.  Certes, il trouve son arme, mais il ne développe que peu de liens avec elle et ne s'en sert pas souvent pour se battre.  Certes, il est nommé chevalier, mais cela a moins à voir avec ses capacités qu'avec les circonstances dans lequel il se trouve et le monarque qui le sacre.  Certes, il accomplira la quête qu'il s'était donné au départ (découvrant au passage ses origines), mais on dirait qu'il fait tout ça pour pas grand chose.  En cela, la fin donne à l'ensemble une cohérence que le reste du livre portait très peu.

L'écriture comporte peu d'envolées, reste très terre-à-terre et ne donne pas des envies chevaleresque.  On est plutôt dans le concret de la vie de chevalier avec ses erreurs et ses doutes plutôt que dans l'hagiographie, ce qui est bien, mais quand même, on ressent un petit manque parce que cela ne correspond pas aux codes du genre.  Adelrune est un personnage assez froid et peu incarné.  Il semble être là pour permettre au récit d'exister plutôt que d'en être le moteur d'action.  Encore là, l'auteur joue avec les codes du genre.  L'auteur en a le droit, mais on garde l'impression à la lecture qu'il a raté sa cible plutôt que celle d'une réinvention du genre.  Ce qui fait que j'ai trouvé la lecture à distance et non prenante.

Je ne saurais mieux résumer ce livre que comme une réinterprétation des récits de chevalerie en essayant d'en modifier les codes.  C'est intéressant comme exercice, mais pas tant comme lecture.

Ma note: 3.5/5

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