jeudi 1 décembre 2016

Peuple la marre, remplir le puits

Salut!

Il y a plusieurs années, j’avais lu un livre sur la créativité qui s’intitule Libérez votre créativité de Julia Cameron*. Ce livre m’avait fait beaucoup réfléchir sur un paquet de sujets et je peux dire que c’est le genre de livre que je relirais sûrement un jour. Parmi les (nombreuses) choses que j’ai retenu de cette lecture, il y a cette idée : peupler la marre et remplir le puits. Ok, ça peut paraître bizarre comme ça, mais je vais m’expliquer.

L’auteure y explique que les artistes sont souvent emmener à faire sortir beaucoup d’idées d’eux. En parlant de faire sortir des idées, je veux parler de créer. Que ce soit écrire, composer, peindre, chanter, etc, c’est le même processus au départ : on part de nos idées pour aller vers la création. Sauf que, et bien, à peu près tous les artistes connaissent des passages à vide. Les auteurs ont un joli nom pour cela : le syndrome de la page blanche. Ce sont des moments, franchement pas agréable où un artiste n’arrive plus à créer. L’auteure expliquait que dans ces moments-là, l’artiste est comme vide d’idées. Si l’on compare un artiste à une marre, un artiste en pleine phase de créativité sera comme une marre pleine de vie, remplie de grenouille, de têtard et autres formes de vies aquatiques. On peut aussi que l’artiste sera comme un puits. Un puits où l’on a qu’à descendre un seau pour avoir une bonne eau fraîche et vivifiante.

Comme remplir la marre quand elle est vide? Ou le puits à sec? Julia Cameron avait une recette simple : se trouver des activités à faire qui nous remette en contact avec ce qui fait que l’on aime de notre art. Un musicien pourra se mettre à faire de la musique librement avec des artistes dans le métro, un auteur se plonger dans des romans d’auteurs qu’il ne connaît pas, un peintre retourner voir les œuvres des grands maîtres. Peu importe c’est quoi au fond, il faut retrouver le plaisir de son art que l’artiste doit retrouver. Chacun sa méthode et il n’y en a pas de mauvaises, tout simplement parce que c’est hautement personnel.

Ok, longue préparation pour dire ce que je voulais dire : mon puits est à sec depuis un moment déjà. Et je me suis rendue compte pourquoi. Pendant longtemps, en fait, pendant la période la plus intense de ma vie de blogueuse, j’étais entourée de livres et de gens parlant de livres à longueur de journée. J’étais libraire, que voulez-vous! Je lisais des quatrièmes de couverture, je parlais de livres avec les clients, avec mes collègues, je me tenais au courant de toutes les nouveautés, bref, j’étais dedans. Ce qui, sans que je m’en rende compte, était ma façon de remplir mon puits. Ensuite, rentrée à la maison, je n’avais qu’à descendre mon seau et en remonter des idées à foison. Sauf que depuis que je ne suis plus libraire, je n’ai plus cette ressource.  Non en fait, pas que des idées: un souffle qui me permettait  de créer.  Un souffle que j'ai en grande partie perdu avec le temps.

Pour mon plus grand malheur, je n’ai pas beaucoup de chances de jaser de livres avec des passionnés régulièrement, il y en a peu dans mon cercle rapproché. Et je n’ai plus ces petites conversations, au final banales, qui me nourrissait énormément. Ce ne sont pas de grandes choses qui me permettent de remplir mon puits, ce sont les petites remarques, les commentaires des fois totalement nowere, la petite étincelle dans les yeux des gens quand ils parlent de livres qui me nourrissait. Je n’ai plus cette ressource maintenant et si j’ai réussi à continuer à blogguer pendant longtemps malgré tout, c’est que j’avais de la réserve… Que j’ai épuisé. Oh, j’ai continué à prendre des notes, ma pile de ti-morceaux de papier est toujours à côté de mon écran d’ordinateur et bon, sur elle s’accumule maintenant la poussière (dont une bonne partie est constituée de poils de chats!:P ). Donc les idées de billets sont là, mais le souffle derrière, alimenté par mon puits, n’était plus là.

C’est devenu particulièrement clair au dernier Salon du livre. Juste de discuter comme ça tranquillement, avec tout le monde que je connais, auteurs, éditeurs, simples lecteurs comme moi, m’a fait un bien énorme. Juste de ressentir le petit frémissement en montant les marches de la Place Bonaventure, m’a fait du bien. J’ai un peu rempli mon puits à cette occasion-là. J’ai surtout alors compris ce qui me permet de le remplir : les contacts humains avec d’autres lecteurs. Les écrans interposés sont bien, mais ils ne permettent pas autant l’échange qu’une bonne vieille discussion en personne. J’ai trouvé comment remplir mon puits! Autre bon effet, j’ai ouvert un livre en rentrant à la maison! Parce que ce qui rempli mon puits pour le blogue rempli aussi, en partie, mon puits pour l’envie de lire.

Je sais maintenant comment remplir mon puits, reste maintenant à le faire;)

@+ Mariane


*En passant, amis auteurs, je vous recommande fortement cette lecture.

3 commentaires:

  1. Je n'ai pas lu ce livre, mais je connais bien le phénomène. Je ne l'ai pas vraiment subi moi-même, mais j'ai vu bien des gens le vivre et j'ai déjà ressenti des phases de ralentissement.

    Et j'ai l'impression que ce sont principalement les nouvelles expériences de vie, les contacts humains, qui permettent de redonner du pep au puits et à la marre. Les écrans ne peuvent pas remplacer les hasards du quotidien passé au contacts d'humains, les petits moments où les gens ne sont pas en train de se mettre en scène.

    Entk, contente que tu aies réussi à retrouver un peu de ton élan. Je suppose qu'on recommencera à te voir plus souvent dans les lancements alors! ;) Ça entretiendra la flamme.

    Pour ma part, quand je sens un ralentissement, je m'arrange pour aller contempler des gens. Écrire dans un café, magasiner, nouer conversation avec un inconnu dans le bus... tout prétexte est bon pour étudier l'homo technicus dans son habitat naturel. Et peupler ma marre.

    RépondreSupprimer
  2. Hé boy, j'avais écrit une réponse à ton commentaire et elle s'est pas enregistrée...

    Les contacts humains... oh oui, précisément ce qui redonne du pep. Quand ils sont positifs, quand ils te permettent d'échanger, quand ils te nourrissent comme être humain. Ça, c'est la plus grande des richesses.

    Et je ne rate que très rarement les lancements auquel je suis invitée :P Justement pour cette raison et aussi, parce que c'est tout le temps le fun les lancements!

    Ta méthode d'observation me semble intéressante, mais je ne suis pas sûre que ça me conviendrait. Pas assez interractif disons :P

    Merci pour ton commentaire, en-dehors des lancements, les commentaires sont souvent une façon de peupler la marre. C'est toujours le fun quand on a l'impression que quelqu'un nous lira et prendra la peine de nous répondre :)

    RépondreSupprimer
  3. Ouaip, en effet, ça fait du bien d'avoir des réponses! Je m'ennuie souvent de la haute époque des blogues et des journées à 30-40 commentaires! 72 likes sur Facebook, c'est pas pareil!

    RépondreSupprimer