lundi 23 mars 2015

L'étoilisation de la critique

Salut!

En lisant Métier critique (je vous l'avais dit que j'y reviendrais! :P ), j'ai lu un passage sur le phénomène de l'étoilisation de la critique qui m'a marqué.  Ça ne vous dit rien?  Remarquez, j'ai découvert le terme en lisant le livre, je ne m'en étais jamais formalisée avant.  C'est la manie qu'ont tous les critiques, peut importe le média et le sujet traité à vouloir accorder une note.  Les fameuses étoiles.  Celles que l'on voit partout sous ou à côté des critiques.  On peut les voir sous la forme d'une note sur X (comme moi, avec mes notes sur 5) avec des silhouettes d'étoiles ou de coeur, plus ou moins remplie selon la note acquise.  J'ai déjà vu des lunettes pour les critiques de livre dans une défunte revue consacrée à la littérature :)

Ça m'a fait réfléchir parce que c'est ce que je fais.  Depuis les tous débuts de mon blogue d'ailleurs.  Je l'ai fais à la fois parce que c'est très courant comme façon de conclure une critique et aussi parce que ça permet de mettre un barème entre mes différentes lectures.  Par contre, ça a un effet pervers: c'est très réducteur.  Les gens vont aller voir la note avant tout.  Sans prendre le temps d'aller lire la critique, ce qui est véritablement dommage, surtout avec le temps que je passe à les rédiger alors que la note me prend quelques secondes à décider!  Une note, c'est l'appréciation générale d'un livre.  Il a beau avoir des défauts (dont je vais parler dans ma critique) si ma lecture a été trippative, la note sera plus élevée.  Réduire à une poignée de chiffre un livre, c'est nier que tous les livres sont comme un graphique en monts et vallées: certains aspects seront plus forts et d'autres plus faibles.  On fait la moyenne, ce qui ne veut pas dire que tout est bien.

Je prends la peine de faire une critique complète, de souligner les réussites et les points à améliorer.  De pointer là où ça fait mal et d'applaudir les bons coups.  Ça me prend du temps, je tourne dix fois mon clavier entre mes mains avant de publier parce que j'essaie d'être le plus précise et exacte que je le peux.  C'est ça le travail de critique.  Bien plus que de mettre une note.

D'un côté, je comprends les gens de vouloir regarder la note en premier et de l'autre, je sais qu'elle ne permet pas de rendre justice à une oeuvre.  L'être humain est l'être humain.  Je suis la première à regarder les côtes des nouveautés au cinéma!  Ça donne un indice assez fiable.  Ça vaut la peine que je lise la critique ou non?  Si oui, tant mieux, mais sinon, ça teintera le jugement.  On lira la critique avec la note en tête.  Si on lance des fleurs à une oeuvre peu cotée, c'est le critique qui risque de ramasser le pot...  La cohérence doit aller de pair avec la note accordée.  C'est ainsi.

Catherine Voyer-Léger soulignait dans son livre que le côté néfaste des étoiles était qu'il mettait énormément d'oeuvres sur le même pied d'égalité, c'est à dire... moyen.  Combien de livres aie-je côté à 3.5 sur ce blogue?  Je ne les compte plus.  C'est bon, mais ce n'est pas parfait.  Pas assez de qualités pour que cela soit excellent, pas assez de défauts pour que cela soit pourri.  Moyen.  Que reflète une note de 3.5?  La note de passage, la tape dans le dos?  Ça fini par ne plus rien dire au fond.  Et c'est bien dommage.

Lire sur le sujet m'a fait réfléchir à mes propres pratiques au sujet des notes.  Pour l'instant, elles vont rester, leur côté pratique et rapide est quand même là.  Et puis, je dirais que c'est ma façon de mettre mon point final à une critique.  Outil imparfait parce que trop réducteur, je me dis qu'elles peuvent quand même être pertinentes.  En attendant, dites-vous que la meilleure façon de savoir ce que je pense d'un livre est de lire le paragraphe qui précède.  J'y mets tout le sel de ma sueur de critique!

@+ Mariane

4 commentaires:

  1. C'est dur aussi des fois parce qu'on juge les oeuvres par rapport aux oeuvres similaires. Par exemple, le sixième Harry Potter est mon préféré, et j'aime pas tellement le deuxième. Est-ce que je mets cinq étoiles à mon préféré, et trois à celui que j'aime le moins? Mais même le moins bon Harry Potter est bien meilleur qu'une grande partie des livres que je lis. Ça devient donc moins représentatif...

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    1. Tu saisis exactement l'essence du problème myr-heille.

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  2. Je dirais que la note est réductrice, oui, mais elle permet de faire un tri rapide. Si j'ai souvent les mêmes goûts qu'un tel critique, je ne me donnerai pas la peine de lire un livre qu'il a coté 1.

    Dans le domaine du jeu vidéo, ils donnent souvent une note totale sur 100 et des sous-notes sur 10 pour le game play, le scénario, le visuel, etc. Un système semblable pourrait être envisagé pour les bouquins... mais bon, ce serait sans doute moins réducteur, mais aussi moins rapide à donner et à consulter.

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    1. J'ai pensé à faire comme ça, une note sur 5 sur les différents aspects, mais ça me semble tellement casse-tête que j'ai préféré y renoncer. Je le fais de façon écrite, ce n'est pas une note sur 5, c'est plus long à lire, mais ça me permet toutes les nuances.

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