lundi 9 mars 2015

Émergence

Salut!

Il y a une question qui me turlupine dans la tête depuis un moment.  Je ne peux pas la formuler de façon précise, mais elle me vient de mon expérience dans la distribution de livres.  Dans le domaine, on a souvent affaire à des auteurs émergents (jeunes auteurs est un peu péjoratif, certains auteurs publient leur premier livre dans la quarantaine, voire la cinquantaine), soit des gens qui publient leur premier livre.  Il y a là tout un réservoir de talents.  Par contre, il faut le dire, ce ne sont pas tous de  vrais talents: un bon nombre de livres sont de qualité moyenne, voir de faible qualité.  Du moins le résultat final.  Ça dépend des individus et des éditeurs.  Par contre, il est toujours possible de voir un fichu de bon livre passer sous le nez d'un éditeur possédant l'expérience et les moyens nécessaire à son développement. Dans ces moments-là. il arrive que l'auteur soit capable de trouver son public avec l'auto-publication ou dans une toute petite maison d'édition.  Alors, toutes ces livres de qualité inégales, ça vaut la peine ou non?

Il y a la théorie qui dit que plus on publie de livres, plus les chances de voir les chefs-d'oeuvre sortir du lot et trouver leur place sont grandes car plus d'auteurs auront la chance de trouver leur public.  Je suis en partie d'accord avec cette théorie, mais elle suppose que beaucoup de livres qui auraient mieux fait de rester dans les ordinateurs de leurs auteurs seront publiés.  C'est triste, mais c'est comme ça!  Tous les livres écrits ne méritent pas de paraître.  Et si on part du point de vue que tous ont droit de publier n'importe quoi et donc de voir leur livre imprimé et distribué, on se retrouvera avec une qualité générale plutôt basse.  D'un autre côté, la qualité est quelque chose de très subjectif.  Ce qui sera excellent pour une personne parce que le livre raconte une bonne histoire très prenante, sera mauvais pour une autre personne cherchant davantage la qualité littéraire.  De l'autre, il y a un démon que je surveille toujours aussi intensément: la censure.  Si on trace une ligne claire nette et précise, on peut mettre de côté des thèmes qui dérangent, des styles qui décoiffent et tomber dans le ronflant du convenu.  Déjà que pour des raisons purement commerciales, une partie de cette production moins dans les normes n'a que peu de chances de trouver le succès, leur couper leur chance totalement me paraît...  disons pas immoral, mais peu démocratique.

Maintenant, regardons le résultat final, à l'autre bout de la chaîne, pour le lecteur.  Il se retrouve inondé de parutions.  Submergé, noyé, enterré de nouveautés.  Comment choisir?  Tout le monde cherche à trouver sa place au soleil et la compétition est forte.  Et le porte-monnaie des acheteurs de livres n'est pas extensible non plus.  Alors, comment on fonctionne?  Qu'est-ce qu'on fait?  Je n'ai pas de réponses, que des questions.  Et je m'interroge beaucoup.

@+ Mariane

5 commentaires:

  1. C'est sans doute comme les tableaux: on dit souvent qu'il y a un tableau pour chaque client, suffit juste de le trouver!
    On n'est pas obligé de tout lire.Ni à 7 ans, ni à 77!
    "Petite" maison d'édition, je connais. Eh! bien on a des lecteurs régionaux, des lecteurs qui tournent dans les sphères de l'auteur, des lecteurs rencontrés sur Internet.
    J'en sais quelque chose.

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    1. La famille, les amis, les gens qui nous connaissent, c'est toujours le premier soutien des auteurs ;)

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  2. J'aimerais mieux qu'il se publie moins de livres et que la qualité soit meilleure. En tant que lectrice, je perdrais moins d'argent en achetant des navets. En tant qu'auteure, peut-être que ça voudrait dire que j'essuierais plus de refus, mais au moins mes livres publiés auraient une meilleure crédibilité et trouveraient peut-être davantage leur place jusque dans les mains des lecteurs.

    Si les éditeurs se concentraient à faire un bon produit et à le promouvoir au lieu de chercher à suivre des modes et des tendances marketing, le marché du livre se porterait mieux.

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    1. On est deux à avoir le même souhait Geneviève! Malheureusement, le livre est un commerce et les éditeurs doivent gagner des sous pour publier d'autres livres. Ça explique certaines publications, mais pas toutes.

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  3. Bien d'accord avec toi Prospéryne. Je viens de lire un recueil de nouvelles d'une jeune auteure, qui aurait mieux fait de rester non dans ses tiroirs mais dans son ordinateur. Que de fois je me suis interrogée sur les raisons de certains éditeurs à publier n'importe quoi...

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