vendredi 29 janvier 2016

Lestat le vampire d'Anne Rice

Lestat le vampire  Anne Rice  Fleuve noir 606 pages



Résumé:
Lestat est un jeune aristocrate français, cadet d'une famille désargenté.  Sa destinée est scellée: rester dans sa famille et être au service de ses frères.  Seule sa mère comprend son besoin d'indépendance et d'aller voir ailleurs, plus loin de ce monde étriqué.  Avec son ami Nicolas, Lestat prend la fuite et va vivre à Paris, dans un théâtre, menant une vie d'artiste.  Un être surnaturel le remarque bientôt et l'enlève, lui transmettant un don rare, aux effets qu'il va devoir affronter seul: le Don ténébreux.

Mon avis:
Bien qu'elle soit totalement anachronique étant donné les dates de publications, ma première impression concernant ce livre est que Jules Verne a écrit Twilight.  Mouais.  Ok, l'écriture a ce côté ampoulé et plein d'emphase de l'auteur de Vingt milles lieues sous les mers, une écriture qui ne dit pas tout, mais laisse comprendre beaucoup de chose.  Mais ce sont des vampires.  Avec des passions violentes.  Ce qui me ramène à Twilight, même si Edward Cullen n'a rien à voir avec Lestat.  Le rythme de ce livre est très lent, c'est une histoire qui se déploie sur des centaines de pages et elles sont toutes bien remplies.  Ce n'est pas le genre d'histoire que l'on veut lire en trois jours, non, on peut prendre notre temps pour savourer.  C'est d'ailleurs, à mon avis, le genre de livre que l'on gagne à lire lentement.  Comme une fresque que l'on peut prendre notre temps à regarder se déployer.  Tous les personnages déployés dans cette vaste galerie sont riches, costaux, ils ne répondent pas à une morale quelconque et n'ont pas comme but d'être édifiant, loin de là: pétri de défauts, de bas instincts, bestiaux à la limite (le retour à la nature de Gabrielle qui fuit toute humanité est un exemple).  Le parcours de Lestat, être des ténèbres, n'en est que plus fascinant.  Si on peut être dégoutté par sa vanité, son égoïsme, on est touché par la part d'humanité qui reste en lui, celle qui refuse de tuer des êtres humains pour le plaisir et qui éprouve une certaine tendresse envers nous, pauvres mortels.  Ce livre fait parti d'un cycle beaucoup plus vaste et pourtant, on peut le lire de manière parfaitement indépendante.  Si on sent à un moment la volonté de l'auteur de raccorder son récit avec d'autres parties, ce n'est pas si lourd que ça.  On le sait, on le sent, mais le raccord est bien intégré au roman et ne lui nuit pas.  Par contre, je dois avouer que ce livre n'a pas eu de force d'attraction vampirique sur moi.  Les vampires d'Anne Rice sont magnifiques, mais froids, distants.  Ils ne sont plus humains et c'est dur de s'identifier aux personnages qui sont un peu trop marmoréen à mon goût. ( ;) )  Ce n'est pas une oeuvre que je qualifierais de facile, mais elle a ses beautés.  Froides.  Le genre de livre que je suis heureuse d'avoir lu pour me faire une tête, mais qui ne restera pas dans ma mémoire.

Ma note: 4/5

7 commentaires:

  1. Le problème c'est que ce livre est, chronologiquement, le début des chroniques des vampires d'Anne Rice, mais pour aborder cet univers dans l'ordre où il a été publié (et donc rencontrer en premier l'oeuvre qui est je crois la plus forte), il faut commencer avec "Entretien avec un vampire", l'histoire de Louis, engendré par Lestat. Louis, le plus humain des vampires.

    Ça permet de comprendre que l'idée d'Anne Rice était que le vampirisme ne change pas les personnalités, mais les poussent à l'extrême. Gabrielle était associale, elle rejettera tout contact humain. Lestat était passionné, il le sera encore davantage. Etc. J'ai trouvé que c'était une excellente manière de créer des êtres à la fois compréhensibles, mais proprement inhumains.

    De plus, en commençant avec Louis, un "jeune" vampire, on voit le génie de l'écriture d'Anne Rice : le style d'Entretien avec un vampire est plus moderne, celui de Lestat est plus ampoulé (en accord avec les origines plus anciennes de Lestat) et dans la Reine des Damnés il y a des passages plus dépouillés, plus proches des texte antiques.

    Bref, à ta place j'essaierais au moins les autres tomes de la trilogie principale. (Et si tu aimes, je te dirai lesquels autres livres de la série essayer et lesquels éviter! ;)

    Ah, pis au cas où ça paraîtrait pas : j'ai été un fan incontestée d'Anne Rice quand les bouquins sont sortis! ;)

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    1. Ouais, ben dit donc, ça paraît que tu as été une fan!

      J'avais commencé Entretiens avec un vampire il y a de cela quelques décennie, une fille dans un camp de vacances me l'avaient prêté. Je n'ai jamais pu le finir, mais j'aimais bien. Lestat, c'est une amie qui me l'a prêté en me traitant d'inculte parce que je n'avais jamais lu de Anne Rice. Je ne suis pas hyper-curieuse pour la suite, mais je prends bonne note de commencer alors par Entretiens avec un vampire.

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    2. Je pourrai te prêter "Entretien" si tu veux t'y remettre (mon étagère Anne Rice est bien garnie... et t'es chanceuse : ils sont en français en plus, parce qu'à l'époque où je les ai achetés, je lisais pas l'anglais)

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  2. Je ne peux que seconder Gen dans ses propos et ses suggestions! ;)

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  3. Aucune consultation ici, et pourtant je suis entièrement d'accord avec Gen. J'ai lu Anne Rice bien avant que les vampires deviennent "hot" et j'en garde un très bon souvenir, même si certains titres sont moins bons... :)

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  4. Je commence à sentir ici une conspiration...

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