lundi 14 décembre 2020

Trop, c'est comme pas assez

 Salut,

L'autre jour, je me suis assise dans l'idée de regarder la télé.  J'ai plongé dans l'univers de la télé en ligne, sautant d'une option à l'autre, ravie d'avoir accès à tant de choix... et incapable justement de faire un choix.  Cette série dont j'avais tant entendu parler?  Telle autre que je me promets de voir depuis longtemps?  Celle-ci que les algorithmes me suggèrent?  J'ai zappé un moment avant de choisir.  

C'est un peu comme ça quand vient le temps de choisir ma prochaine lecture.  J'ai plus de 300 livres que je n'ai pas encore lu à la maison.  C'est beaucoup.  Moins que de choix sur l'empire au N rouge, mais tout de même pas mal.  Et souvent, je zieute, soupesant les possibilités.  Lui? Ah non, je viens de finir un roman de SF, je ne veux pas en lire un deuxième d'affilée.  Lui?  Hum, sans doute trop sombre, j'ai pas envie de ça en ce moment.  Lui?  Pff, trop épais, ça va me prendre une éternité à le lire.  Lui? Ah oui, peut-être...  mais non, je devrais lire cet autre livre avant.  Je peux passer plusieurs minutes à sillonner des yeux mes tablettes, évaluant les bouquins les uns après les autres, les rejetant pour les raisons les plus diverses, avant de prendre l'heureux élu, qui parfois, est moins le fruit d'un goût immodéré pour le lire qu'un choix fait par l'élimination des autres possibilités.

Je me rappelle pourtant, qu'enfant, je lisais tout ce qui me tombait sous la main.  Oh, ce n'est pas tant que je n'avais pas de goût, mais les choix étaient plus limités.  Mes parents avaient tous les deux de petites bibliothèques et je pigeais dedans allègrement.  Aurais-je lu Pearl Buck si ma mère n'avait pas eu plusieurs de ses ouvrages dans la sienne?  Je me rappelle de ces romans à la couverture vieillotte, fleurant le papier dont on faisait les romans poches dans les années 50 et 60, craquant quand on l'ouvrait.  Je les lisais par intérêt certes, mais aussi parce que je n'avais pas tant d'autres choses à me mettre sous les yeux.  Le fait d'avoir peu de choix m'a poussé à lire des ouvrages que je n'aurais autrement pas lu, mais est-ce que je m'en portais plus mal?  Non et j'ai fait de très belles découvertes grâce à cette absence de choix.

Aujourd'hui, le problème est inverse et le rythme des publications étant ce qu'il est, on est inondé de livres, les parutions s'enchaînent et on est constamment bombardés de suggestions les plus alléchantes les unes que les autres.  On prend des notes, on achète, on entasse, mais on peine à garder vivante l'étincelle qui nous a allumé vers un titre en particulier.  Parce que justement, on est inondé.  Vais-je lire ce livre?  Bien sûr que je me le promets.  Mais la vie est ce qu'elle est et la seule chose qui n'est pas élastique, c'est le temps qu'on peut consacrer à la lecture.  En comparaison, les tablettes de nos bibliothèques sont bien plus souples.  

Trop, c'est comme pas assez dit le dicton.  On peut se perdre dans trop d'options, tout comme ne pas en avoir assez peut être une plaie.  Or, le problème du surplus, c'est qu'il peut paralyser, parce qu'il oblige à faire un choix et ainsi de renoncer à une option  Mais est-on vraiment sûr que l'on a fait le bon choix?  Va-t-on le regretter?  C'est ça le hic avec les surplus.  On en a tellement qu'un choix peut être regretté, parce que justement, pourquoi juste ce bouquin en particulier quand il y en a tant d'autres?

C'est une chose que je me dis souvent, en regardant les tablettes pleines de livres que j'ai achetés il y a des années et que je n'ai pas encore lus.

@+ Mariane

lundi 7 décembre 2020

De la géographie: Des liens entre les territoires et les humains

Salut!

La joke me fait encore rire même si ça fait des années que je l'ai entendu pour la première fois.  Un des vaillants premier colon français à venir s'installer ici, un brave originaire de Normandie, a construit sa maison selon la bonne vieille méthode ancestrale de par chez-lui.  Un modèle comme celui-ci:


À la première tempête, notre brave colon sort de chez lui et constate qu'une bonne couche de neige est tombée.  Il s'habille convenablement, franchit le seuil de sa demeure et à la mode de l'époque, tire la poignée en donnant un bon coup pour bien fermer la porte.  Résultat?  Toute la neige accumulée sur sa toiture lui est tombé sur la tête!  Voilà donc la raison pour laquelle les toits des maisons canadiennes ont cette forme si particulière, la pente du toit finissant en douceur vers la fin et s'arrêtant plus loin que la porte d'entrée.  Comme ceci.



Bon l'anecdote est peut-être fausse, mais n'empêche, la fameuse pente adoucie des toits canadiens est très présente sur notre territoire et oui, elle s'explique par une adaptation du modèle normand aux rigueurs de notre climat, particulièrement à la neige.

Ceci est bien évidemment tirée de notre territoire, mais ce genre d'anecdotes va se retrouver à travers l'ensemble des territoires habités par les humains.  Telle toiture sera plus solide pour supporter la neige ou plus étanche pour supporter la pluie.  Tel immeuble sera construit de façon à résister aux tremblements de terre et tel autre aux froids intenses.  Les routes seront larges et pavés ou étroites pour avoir le plus possible d'ombres et éviter que le soleil ne les réchauffent trop.  La densité de la population et les besoins de celles-ci expliquent aussi beaucoup de choses.

Parce que voilà, les humains ont besoin de se protéger du froid, du soleil, de la pluie et du vent, de manger et de boire de façon à peu près égale partout sur la planète.  Mais les ressources et les contraintes des territoires varient énormément.  D'où l'extraordinaire créativité des humains pour tirer le maximum de leur territoire.  Et comme les ressources sur un territoire sont communes, les connaissances et les compétences finissent par se transférer entre les individus, puis dans les communautés.  Un comportement s'ancre et devient culture, parfois très éloigné des raisons originales pour lesquels il a été adopté.  C'est pourquoi, même à des milliers de kilomètre, les individus préféreront manger certains aliments (comme les premiers immigrés français en Amérique, qui se sont empressés de planter du blé, au lieu d'adopter le maïs), plutôt que de vivre sur les ressources naturelles du territoire.  Je parle d'aliments, mais je pourrais parler de tellement de choses différentes.  

Par exemple, je pourrais parler d'architecture, comme en ouverture de ce billet.  Je pourrais parler de la façon dont on cultive la terre (régime seigneurial versus canton devrait sonner une cloche à quelques personnes qui ont fait leur cours d'histoire dans les années 1990...).  Je pourrais parler de la façon de diviser les pièces d'une maison, de la façon dont les peuples de cultures arabes, tout comme les romains, avaient leur cours au centre de la maison et que les occidentaux l'ont en-dehors.  Je pourrais parler de l'art des jardins, de la façon de voyager, bref, de tas d'autres choses.  

Pris isolément, chacun de ses éléments prennent racine dans un territoire, dans un peuple.  Sauf que les humains voyagent, se parlent, échangent, s'admirent, se conquièrent parfois les uns les autres.  Cela donne un joyeux mélange.  Une invention peut avoir été faite ici, mais être devenue populaire là, pour des raisons pratiques, économiques, politiques, religieuses ou tout simplement de mode.  Et souvent, le plus fort impose ses innovations aux autres.  Pourquoi croyez-vous donc que l'image d'un berger résonne si fort dans tout le monde occidental, alors qu'il n'y a pas grand monde qui aie jamais vu un mouton dans la majorité de ces pays?  Parce que c'était une image forte pour un peuple en particulier, le peuple hébreux, qui vivait dans un territoire où le mouton était un animal d'élevage parfaitement adapté au territoire, qui en a fait une image forte de son imaginaire, qui s'est transmis à son imaginaire religieux, qu'il a transmis à d'autres.  Par un jeu de bascule, qui s'est joué sur des siècles, la situation de départ qui était régionale, voir locale d'une territoire, s'est transmis à d'autres et a fini par devenir un trait culturel d'une civilisation.  Évidement, dans notre monde globalisé, on peut avoir l'impression que les particularités régionales parfaitement adaptées à leur environnement s'effacent au profit de technologies et de ressources provenant de loin.  Mais comme l'a prouvé l'Histoire, rien n'est jamais statique dans ce domaine.

Voyons maintenant les liens avec la fiction.  Je dois avouer que c'est le thème avec lequel j'ai passé le plus de temps à réfléchir étant donné que cette notion de liens entre les territoires et les peuples qui les habitent n'est pas nécessairement évident ou dominant dans la fiction.  Je prends donc un petit détour en poussant une petite pointe vers l'univers d'À la croisée des mondes de Philip Pullman (je recommande fortement de voir la série télé!).  Ici, les territoires sont les mêmes puisqu'il est établi dans la série que plusieurs mondes partagent les mêmes lieux, mais dans des univers séparés.  Donc, l'Oxford de Lyra et l'Oxford de Will sont sur le même territoire, mais sont issus de cultures différentes.  Cela se voit à différents niveaux.  L'emprise du religieux est beaucoup plus puissant dans le monde de Lyra et des technologies ont été davantage poussées (l'utilisation des dirigeables et des montgolfières entre autres), contrairement à d'autres qui le sont bien plus dans le monde de Will (comme l'électronique), qui dépendent du développement des connaissances scientifiques, libres donc de remettre en question les dogmes religieux.  Les possibilités sont à la base les mêmes, mais la culture du territoire dont est issu le pouvoir dominant dans le monde de Lyra a structuré le monde d'une façon différente.  Ce qui fait que  l'organisation du territoire, les sources d'énergie exploitées et les façons dont elles le sont sont différentes.  Ce qui fait que dans deux territoires parfaitement semblable, on puisse donc retrouver des différences aussi importantes dans l'organisation du territoire.

Bon, 2020 achève, une année que j'aurais passé à vous parler de géographie humaine.  On va terminer ça en beauté avec la fin de l'année et le dernier thème que j'aborderai dans cette série de billets et que je gardais comme dessert: la ville.

@+ Mariane

lundi 30 novembre 2020

Je m'y attendais pas, vraiment!

 Ok.

Si hier, aux alentours de 11h30, vous avez entendu crier...

Ben c'était moi.

Ok, j'avoue, j'avais espéré.

Beaucoup.

À me tordre les doigts à force de les croiser.

Mais je l'avais déjà fait.

En 2014 et en 2019.

Sans résultat.

Et là...

Ben, j'ai gagné le prix Boréal fandédition de 2020!!!!!!!!!!!!!

Fort heureusement, j'étais pas seule quand on l'a annoncé (je vous rassure, j'ai droit à un visiteur, je suis célibataire, enfin, si on fait exception de deux colocataires à quatre pattes).

Mais ça fait quand même drôle...

J'ai gagné lors d'une année exceptionnelle.

De façon un peu exceptionnelle.

J'aurais aimé gagné au milieu de mes pairs.

Pouvoir féliciter les autres gagnants en personne.

J'ai pas eu droit à tout ça, même si j'ai eu le prix.

Saveur douce-amère.

Partie remise?

Peut-être.

Ne comptez pas sur le fait que j'arrête de bloguer!

Ce prix me fait réellement plaisir au fait!

Ça me donne une petite tape sur l'épaule pour continuer.

En espérant rester toujours aussi pertinente dans mon boulot!

Maintenant, pause de l'autopromotion et on retourne au blogue demain matin.

Oui, vous aurez droit à un billet cette semaine!

Rendez-vous demain matin!

@+ Mariane

lundi 23 novembre 2020

Que ce soit la première ou pas, ça continue de faire plaisir!

 Salut!

Les nominations sont sorties pour le prix Boréal la semaine dernière et devinez quoi, j'ai réussi à me faufiler dans la catégorie fanédition avec ce blogue!  Ce n'est pas la première fois, j'ai déjà quelques nominations au compteur, mais je n'ai pas encore remporté le prix.  Peut-être cette année?  J'en sais rien, mais j'avoue que ça serait vraiment cool! Il y aurait une chose positive à mettre dans la liste des souvenirs de 2020!  Et ce serait un très beau cadeau pour mes dix ans de blogue!

Mais avant tout, ce qui fait  plaisir avec cette nomination, c'est le fait que ça me montre que je suis lue.  Blogueuse, je l'ai déjà dit, est un métier solitaire.  On pense nos billets de blogue dans notre coin, on les peaufine et on les lance dans l'univers.  À part les statistiques du blogue et les commentaires, on a que peu d'idées de la résonnance de nos idées.  Est-ce un peu, beaucoup, passionnément?  Dur à dire.  Par contre, une nomination veut dire que parmi les choix proposés, suffisamment de gens ont pensé à mon blogue comparé aux autres propositions pour que cela fasse la différence.  Et que je me retrouve avec quatre autres nominés, dont deux dont je respecte énormément le travail, soit ma chère amie Gen et le blogue d'Imagineatlas des étudiants du Collège Marianopolis.  Je connais peu les deux autres blogues en nomination, mais je vais leur jeter un petit coup d'oeil, surtout que les Filles de joual avaient gagné l'an dernier.

Bref, ceci est un billet à saveur d'autopromotion où je vous encourage, si vous aimez le contenu que vous retrouvez ici, à voter pour mon blogue!  Les votes sont ouverts jusqu'au 27 novembre 2020 à 23h59.  Pour voter, c'est ici.

Bonne chance aux autres nominés!  

Mariane

lundi 16 novembre 2020

Les plus dures sont les pires

Salut!

Je critique des livres sur mon blogue depuis les tous débuts.  Avant ça, je le faisais sur une autre plate-forme.  J'ai aussi déjà fait de la critique à titre plus professionnel.  Disons grosso modo que je critique des livres depuis une bonne quinzaine d'années.  Et que même après tout ce temps, je continue à trouver que les critiques les plus difficiles à faire sont celles des pires livres.

On dit souvent que les critiques sont des artistes ratés et aigris qui se vengent sur les livres des autres.  Euh, non.  Il y en a, c'est sûr.  Il y a aussi des artistes ratés qui tapent sur ceux qui réussissent et des artistes qui sont capables de reconnaître les réussites des autres et sont discrets face à leurs échecs.  Le portrait n'est pas ni noir ni blanc.  Et je me range plutôt du côté des critiques qui justement, ont un regard critique plutôt que de ceux qui rentrent dans le tas et tapent.  De un, parce que ça ne me ressemble pas et de deux, parce que je ne vois strictement aucun intérêt à ça.

Sauf que voilà, comme tous les critiques, ils m'arrivent de lire un mauvais livre, un très mauvais livre... Et quand ça arrive, ben, tout simplement question d'étique personnelle, il faut que ça sorte.

Le hic, c'est que par expérience, c'est loin d'être facile.

T'as juste à te défouler et à tout sortir sur la page?  Nope!  Jamais de la vie!  Ce serait beaucoup trop facile.  De toute façon, le défoulement est facile à percevoir.  Quelqu'un qui tape sans discernement écrit des critiques ennuyeuses et hargneuses qui n'apportent pas grande chose à personne.  Je le sais, je lis autant de critiques que j'en écris.  Les  plus intéressantes, même celles des pires navets sont celles qui sont argumentées.

Et bon.  Dire qu'un livre est bon, c'est relativement facile.  Si on lit un bon livre, c'est facile de se laisser porter par les émotions positives et écrire.  Les mauvais livres sont bien plus une épreuve.  En commençant, il faut avoir passé au travers dudit livre, ce qui n'est pas toujours facile.  

(Confession: ça m'est déjà arrivé de passer au travers d'un livre juste pour avoir le plaisir de le critiquer.  Parce que oui, critiquer un mauvais livre représente un certain plaisir, pervers certes, mais ça reste un certain plaisir.  Remarquez que je ne souhaite nullement lire un mauvais livre pour avoir le plaisir pervers d'en faire la critique.  C'est plutôt que certains mauvais livres valent la peine d'être critiqué.  Les autres, je ne les finis pas.  Point barre.)

Mais alors, pourquoi c'est si difficile?  Et bien, disons qu'une mauvaise critique demande d'avoir compris pourquoi c'est mauvais.  Bon, c'est facile à savoir, mais mauvais?  Un regard critique demande d'être justifié.  Et il faut savoir l'expliquer.  

C'est ça qui est compliqué.  Je me creuse souvent la tête à trouver le bon exemple, à comprendre pourquoi ça ne marche pas, à l'expliquer, à penser la structure d'un livre que j'ai détesté...  Parce que pour moi, c'est ça l'essence du métier de critique.  Comprendre pourquoi ça marche et pourquoi ça ne marche pas.  Et essayer du mieux possible, de l'expliquer.  Ce qui n'est en règle générale jamais facile.  Sauf que quand tu as aimé quelque chose, dire simplement, j'ai adoré va convaincre pas mal de gens.  Dire, j'ai détesté et tout le monde va vouloir savoir pourquoi au juste...

Faut être convaincant, pertinent et cohérent.  C'est sans doute pour ça que pour une bonne critique, je vais réviser mon texte deux ou trois fois (oui, je fais tout le temps ça).  Pour une mauvaise critique... Je peux le relire dix ou même quinze fois et la peaufiner, retravailler et retravailler, encore et encore.  

C'est beaucoup plus de boulot une mauvaise critique.  Ne soyez donc pas surprise d'en lire si peu sur ce blogue.  Ça et le fait que les mauvaises critiques viennent de mauvais livres et que j'en finis très peu.

@+ Mariane

jeudi 12 novembre 2020

The Colleguim Chronicles: Intrigues de Mercedes Lackey

 The Collegium Chronicles  tome 2  Intrigues  Mercedes Lackey  Daw Books  Collection Fantasy  391 pages


Résumé:
Désormais bien installé au Collegium, Mags est très occupé: en plus des tâches que lui confie discrètement le héraut Nikolas, de ses études où il doit travailler très dur pour rattraper son retard, on lui demande de faire partie de l'équipe de kirball.  Il accepte, un peu étonné, mais trouve du temps entre les entraînements pour finir ses recherches dans les archives.  Il y fait une découverte surprenante sur son passé: ses parents étaient des étrangers et non des Valdémarans.  Le seul problème, c'est que les précognitifs, tous les précognitifs ont eu une vision: le Roi, couvert de sang et devant lui, un étranger...

Mon avis:
Au risque de me répéter, je continue cette série parce que je suis très mordue de l'auteure, mais je suis tout aussi certaine de ses innombrables faiblesses.  Série à garder pour les fans finis seulement.

Mags continue donc son cheminement en tant qu'apprenti Héraut.  Il est toujours au Collegium et ma foi, si le premier tome était centré sur l'impact de la transformation majeure qu'implique sa création dans l'entraînement des hérauts, celui-ci ignore presque complètement cette donnée.  Mags a désormais des amis et beaucoup des aventures de ce tome tournent autour d'eux.  Bear le soigneur-sans-le-don qui soigne avec des herbes et que sa famille de soigneurs-avec-le-don veut marier à une fille pour qu'il ponde de nouveaux héritiers qu'on espère avec le Don.  Lena, la barde, fille de célèbre barde qui n'existe pas aux yeux de son père et qui ne vit que pour avoir un regard de lui.  S'ajoute à cela Amylie, la fille du héraut Nikolas, mentor de Mags, qui fera comprendre à Dallen que les préférences de son élu ne vont pas vers les garçons.  Attention par contre, les retournements tombent souvent de nulle part et font souvent sourciller.  Comme si l'auteure décidait que ça allait arriver là et ne se préoccupait pas que l'effet lapin sorti d'un chapeau s'enchaîne sans fin dans son livre.

La clé de ce tome-ci est la relation entre Mags et son Compagnon, Dallen.  Mags n'est jamais vraiment seul, Dallen est toujours à ses côtés.  Leur relation, déjà bien étoffée se développe encore plus.  On découvre d'ailleurs dans ce tome-ci le côté cabotin et même taquin du Compagnon.  Et ce sera d'autant plus nécessaire dans cet opus.

Déjà que Mags souffre d'un manque de confiance chronique en lui-même et en les autres, voilà que des précognitifs laissent entendre qu'un étranger pourrait attenter à la vie du roi, faisant de la vie de Mags un enfer.  Ses amitiés, encore récentes, seront mises à rude épreuve.   L'essentiel du roman se passe d'ailleurs entre les allers-retours de ces jeunes-là et les effets des prédictions sur Mags.  Ajouter à cela quelques matches de kirball, un sport à mi-chemin entre le drapeau que l'on jouait dans la cours d'école primaire et le trollball des GN.  Si vous ne connaissez pas les deux références précédentes pas grave!  Sachez juste que les descriptions sont excitantes, même si je ne suis pas sûre d'avoir entièrement compris le jeu.

Les situations sont simples, voir simplistes, on peut déplorer que l'intrigue principale soit à plusieurs moments complètement éclipsée par des détours sur des enjeux plus secondaires, mais reste que ça se lit bien et que j'ai passé un bon moment.  Si vous cherchez quelque chose de transcendant par contre, passez votre chemin.

Ma note: 3.25/5

lundi 9 novembre 2020

En fiction, les coups de tête n'existe pas

 Salut,

Lors d'un récent atelier d'écriture, nous discutions du texte d'une participante et je lui aie demandé à un moment quels étaient les motivations de son personnage.  Juste en disant le mot, je me suis fait la réflexion mentale que ce n'était pas exactement ce que je voulais dire, mais c'est sorti comme ça.  Plus tard, notre sempaï préférée a fait la remarquer que comme le personnage était une adolescente, on n'avait pas vraiment de raisons à donner pour son comportement.  Et ça a fait tilt dans ma tête.  J'ai sans doute eu la bouche ouverte sur Zoom pendant quelques instants, puis, l'atelier a suivi son cours.  Et moi je suis restée avec mon idée qui tournait dans ma tête comme un poisson dans son aquarium.

Parce que non, aucun ado, même au sommet de ses hormones n'agit sans raison.

Avez-vous déjà lu un livre et eu l'impression soudaine que le personnage dont vous suivez les aventures faisait quelque chose de vraiment bizarre, tellement que vous yeux s'ouvraient tout grands en vous disant, mais voyons, ça sort d'où ça?  C'est une impression qui est parfois très puissante, d'autres fois fugitive, mais à chaque fois, ça a le potentiel de nous faire décrocher d'une histoire.  Et ça n'a pas besoin d'être des détails très importants.  Si un personnage prend toujours l'escalier et qu'il prend l'ascenseur un jour, sans la moindre raison, ça ne marche pas.  Il aura TOUJOURS une raison pour prendre cette décision si on veut que l'histoire soit cohérente avec ce que ce personnage est.

Attention, je ne veux pas dire qu'il faut faire une justification en trois exemplaires demandant chacun six signatures pour chaque décision.  Les justifications peuvent être subtiles.  Si un personnage décide de prendre l'ascenseur, ça peut être parce qu'il ne veut pas croiser une personne qu'il a vu dans les escaliers, qu'il arrive avec trois immenses sacs d'épicerie ou juge avoir assez soufflé sur une machine d'exercice ce jour-là.  Tout, du plus simple au plus complexe a une raison.  Ça lui tente en est une!  Vouloir essayer quelque chose de nouveau en est une autre.  Sauf qu'il y a toujours une raison à nos actes.

Oui, mais les coups de tête!  Si vous relisez le titre de mon billet de blogue, vous avez compris que j'ai déjà choisi mon camp là-dessus.  Oui, même les coups de tête ont une justification.  Le principe est que les coups de tête sont des actions rapides, mais le chemin qui mènent à ces prises de décision peut l'être pas mal moins.  Si vous détestez la paire de jeans que vous portez tout le temps, la décision de leur faire prendre la direction de la sortie peut être rapide, mais par contre, chaque fois que vous aurez pesté contre la fermeture éclair qui vous fait des misères, chaque fois que vous aurez regardé l'usure des rebords, chaque fois que vous vous vous serez fait la réflexion que vous devriez en changer, vous avez fait un petit pas vers cette décision.  Et un jour, pouf, la décision se prend en un éclair.

Le talent d'un.e auteur.e tient justement au fait de nous montrer le cheminement d'un personnage entre les questionnements, les hésitations, les tâtonnements et la décision.  Ça peut aller de mimiques du visage à des paroles, à des actes concrets.  Je me rappelle une touchante scène d'une série télé où un personnage confiait son chien à son mentor, geste qui concluait sa prise de décision.  Sauf que la prise de décision avait été préparée en amont et pourtant, rien, avant ce moment ne nous disait celle qu'elle allait prendre.  Peut-être même pas le personnage lui-même.  

Les coups de têtes prennent aussi racine dans le comportement d'un personnage.  D'où les yeux de merlans frits si un auteur leur fait prendre une décision qui n'a aucun rapport avec leur personnalité.  Un personnage sage et obéissant peut faire de folles actions, les plus folles du monde même, mais ne peut pas le faire si quelque chose dans l'histoire ne vient pas nous expliquer pourquoi au juste.  Un raz le bol, une personne en danger, une menace de mort, toutes les options ont été explorées par la fiction, mais il y en a toujours une.  Même pour la plus étrange des décisions.  D'ailleurs, essayer de trouver la raison d'un comportement étrange d'un personnage est un ressort d'intrigue fréquent.  Pourquoi personne X agissait comme ceci et maintenant comme cela?  Tordez-vous le cerveau pour trouver!  Parce que vous le savez hein, que cette personne a une raison d'agir comme ça?  Et bien, c'est la même chose avec tous les personnages, y compris le principal!

Et au fait, croyez-vous que j'ai écrit ce billet sur un coup de tête?  Non, j'avais un billet à écrire pour ce matin! ;)

@+ Mariane