jeudi 16 novembre 2023

Collegium Chronicles : Bastion de Mercedes Lackey

 Collegium Chronicles tome 5 Bastion Mercedes Lackey Daw 391 pages


Résumé:

De retour à Haven, Mags sait que même s'il a échappé au peuple de ses parents, sa sécurité n'est pas garantie: ils savent où le trouver. La solution trouvée par Nikolas est tout simplement de faire mourir Mags... aux yeux de tous. Pour cela, il faut l'éloigner de la cour et quel meilleur choix pour cela que son année de probation, dans un secteur reculé de Valdémar? Il faut aussi mettre à l'abri ses amis, Lena, Bear et surtout Amylie. La décision de cacher tout ce petit monde dans le Bastion, une ancienne place forte de bandits, facile à défendre et bien cachée est donc logique. C'est aussi l'endroit où Mags a été trouvé et où ses parents ont été assassinés. Sera-t-il cette fois assez loin pour ne pas être retrouvé par les siens? Et en ce lieu où ses parents ont vécu, trouvera-t-il enfin des réponses à la question de ses origines?

Mon avis:

Ce tome-ci est sans doute le plus cohérent dans son histoire et sa structure de la série et celui que j'ai sans doute le plus apprécié. L'auteure boucle les divers arcs narratifs de son intrigue et nous donne enfin des réponses. Qui plus est, c'est bien fait. Mais elle cède toutefois à ses vices. Encore une fois, il faut passer une centaine de pages qui n'apporte pas grand-chose à l'histoire. Cette partie comporte même une contradiction assez hallucinante: à peine revenu de son enlèvement, alors que tous les adultes qui entourent Mags savent qu'il est une cible, on le laisse aller se balader sans escorte en plein milieu d'une foire remplie d'étrangers... Mouais, repassons pour la cohérence.

Dès le départ de Haven par contre, les événements s'enchaînent. Le mentor de Mags, Jakyr, qui est aussi celui qui l'a sauvé de la mine, l'emmène. De son côté, Lena, qui est elle aussi dans son année de probation du Cercle bardique, se retrouve également avec une mentore  et la place de cette femme, Lita, ancienne amoureuse de Jakyr, éclipse totalement la jeune barde. Elle aurait pratiquement pu ne pas être là et ça n'aurait rien changé. Bear aussi en prend pour son rhume, mais comme il est guérisseur, il garde au moins une petite place. Le personnage d'Amylie par contre, gagne en profondeur. La jeune fille, amoureuse de Mags et récemment guérie de son handicap, peut enfin explorer et s'épanouir. Disons que le Bastion, pourvu de multiples caves et endroits discrets laisse enfin la place à leurs désirs. La scène où Jakyr, devant un Mags désarmé, décide de prendre en charge son éducation sexuelle est à la fois drôle et touchante : le célibataire endurci donne des conseils à l'adolescent encore vierge et on devine qu'il n'a pas peur des détails!

Cependant, le coeur de l'intrigue repose sur la rencontre entre Mags et son cousin Bey. Les deux adolescents ont le même âge et pourraient être des frères jumeaux tellement ils se ressemblent, ce qui est vraisemblable parce que leurs parents respectifs étaient des jumeaux identiques qui ont chacun épousé le jumeau de l'autre. Dans le récit que fait Bey, on comprend la source de bien des événements de la vie de Mags, mais aussi, à quel point le fait d'être un héraut l'a transformé. Sa relation avec Dallen, son compagnon, son entraînement avec Nikolas, sa vie au Collegium, tout ceci en a fait un être profondément différent de ses origines, tout en y étant ancré. 5 tomes pour arriver à cette conclusion, mais ça en aura valu la peine. 

La fin nous laisse sur des jours plus radieux, mais connaissant l'auteure (et après quelques recherches sur le web), Mags risque de revenir dans un autre cycle de Valdémar. Ça promet!

lundi 30 octobre 2023

L'effet de frisson des mots

 Salut!

Il y a quelques mois, j'ai fait le ménage de boîtes de souvenirs que j'avais pour faire de la place. J'avais dedans des travaux d'arts plastiques qui dataient du primaire, des dépliants d'événements auquel j'avais participé et pas mal de bouts de papiers épars: coupures de journaux, vieilles lettres d'amies, etc. Et au milieu de ses papiers, je suis tombée sur une feuille. C'était une main en noir imprimée sur une feuille blanche, le genre d'impression que l'on faisait dans les années 1990 avec une photocopieuse. Et sur la paume, en blanc éclatant, ces simples mots: Le tour est joué, Momo.

Ceci m'a ramené en un instant trente ans en arrière et j'ai frissonné d'une terreur ancienne, puis, un instant après, j'ai ri. Ce bout de papier datait de l'année où j'avais fait un camp de jour au Cégep de ma localité. J'avais une dizaine d'années tout au plus. C'était organisé par les étudiants et bien sûr, on était groupé par âges. Le camp était d'une durée de deux semaines et durant tout ce temps, un mystérieux Momo s'amusait à nous pourrir la vie. On trouvait des messages dans nos boîtes à lunch, dans les dossards emmêlés dont on se servait pour jouer en équipe, dans nos sacs quand on sortait de la piscine. J'avais peur. Pas que cela finisse mal (qu'est-ce qui pouvait bien m'arriver de mal dans le camp de jour d'un cégep de banlieue?), mais peur de l'inconnu, peur de l'incertitude. Qui était donc ce mystérieux Momo et pourquoi s'amusait-il à nous persécuter de ses tours? Finalement, c'était juste le groupe le plus âgé qui s'était amusé à nous tourmenter. Il y a eu le dernier jour du camp une petite cérémonie où ils ont été dévoilés. Rien de méchant donc.

Mais juste de revoir les mots en blanc sur la paume noire m'a fait remonter trente ans d'un coup en arrière et m'a ramené dans le corps de cette petit fille sans doute un peu trop crédule qui avait terriblement peur. J'en ai parlé à mon frère qui a participé au même camp de jour et lui aussi s'en rappelait encore. Lui aussi, se rappelait la peur. Il avait pourtant trois ans de plus que moi à l'époque. Les mots, l'image avait le même effet sur nous deux. Et encore, ce ne sont que des mots qui sont liés à une anecdote relativement inoffensive de notre jeunesse. Rien de grave, donc.

Pour d'autres personnes, c'est plus grave. La simple évocation d'un nom peut rappeler un traumatisme quand il s'agit d'une personnalité publique. Je suis sûre que les victimes d'Harvey Weinstein devaient frissonner en entendant son nom. Ou celles de Gilbert Rozon, plus près de nous. Les noms sont des mots après tout. Comme les autres mots, ils sont reliés à des images, à des sons, à des impressions, à des émotions. Et c'est tout ce bagage qu'ils font ressurgir quand ils sont évoqués. Pour d'autres personnes, c'est un mot qui est tout banal, comme une marque de commerce, qui les ramène à de mauvais souvenirs, le nom d'une ville qu'ils associent à une mauvaise expérience, une expression au sens détourné qui les ramène dans un passé désagréable.

La littérature d'horreur se sert amplement de ce truc. Ce n'est pas simplement de parler de choses horribles qui fait un roman d'horreur, c'est de savoir utiliser les mots et leur bagage, voire de créer un tel bagage pour plonger le lecteurice dans un état où les mots vont le plongent dans un délicieux état de terreur. Quand c'est bien fait, c'est diablement efficace, parfois même sans que l'on s'en rendent compte, plongé comme on l'est dans l'expérience de lecture.

Les mots traînent dans leurs sillages plus que leur sens premier. Et c'est pourquoi simplement de les dire peut nous faire frissonner d'horreur.

@+! Mariane


lundi 23 octobre 2023

Et de trois!

 Salut!

En arrivant au Congrès Boréal vendredi soir, je me suis retrouvée avec deux magnifiques plaques récompensant mes victoires au prix Boréal de 2020 et 2021. Des prix pandémiques donc, avec remise en ligne. Certes, j'en avais sauté de joie, mais toute seule, c'est quand même triste de célébrer un tel événement en confinement.

En 2022, lors du mini-Boréal, quelqu'un d'autre avait remporté le prix. Je ne me rappelle plus qui, mais je me rappelle alors m'être dit que le fait que j'avais gagné deux fois avait peut-être plus à voir avec l'effet pandémique et que le présentiel favorisait d'autres candidats, par ailleurs excellents. 

Alors qu'avait lieu le premier Boréal en présentiel depuis 2019, je savais que j'étais en nomination, et très heureuse de l'être, mais je ne me faisais pas trop d'attentes. J'avais déjà gagné deux fois, on était en présentiel et puis bon, advienne que pourra!

Donc, quand mon nom a été prononcé, j'ai sauté de joie! C'est tellement différent de gagner entourée de gens que l'on connaît, qui nous lisent et nous encouragent depuis des années. Wow!

Je suis encore dans ma brume post-Boréal, mélange de fatigue et d'excitation et j'ai encore peine à y croire. En plus, mon texte pour le concours d'écriture sur place a eu droit à une mention (félicitations aux deux gagnants, j'ai hâte de vous lire!). Bref, ça a été une très belle fin de semaine!

Maintenant, il y a juste un problème. Je n'ai pas encore eu ma plaque cette année. Je suppose que ça va aller à l'an prochain! :P

@+ Mariane

jeudi 17 août 2023

Collegium Chronicles : Redoubt de Mercedes Lackey

 Collegium Chronicles tome 4 Redoubt Mercedes Lackey Daw 394 pages


Résumé:
Après le mariage princier, la cour de Valdémar retourne à ses habitudes. L'occasion a été bonne pour Mags de mettre en pratique et de développer ses talents d'espion. Même si Amylie, fraîchement remise de son opération, occupe toutes ses pensées, y compris celles, très peu chastes, que tout adolescent éprouve un jour ou l'autre... Après une suite d'événements où ses deux meilleurs amis finissent par se marier et les conséquences de ce mariage, le jeune homme revient donc à sa priorité: son entraînement. Un domaine où il se montre très doué. Au point que Nikolas lui offre de tenir lui-même la boutique de prêt sur gages qui sert de couverture à leurs opérations. Là, Mags est à son meilleur, mais à chaque fois qu'il quitte l'endroit, l'étrange impression d'être observé revient. Et tout à coup, il n'est plus à Valdémar, il n'est plus un héraut, il est de retour à la mine, là où il avait toujours faim et était à risque de mourir à tout moments. Mais l'est-il vraiment?

Mon avis:
Quatrième tome de la série, celui-ci ne fait pas exception sur le fond dans la structure générale. Une première partie qui est liée très lâchement au reste de l'intrigue, puis un démarrage sur ce qui fera le reste du livre après une centaine de pages. Au moins, dans ce tome, cette partie sert à développer les personnages secondaires: ainsi Bear et Lena ont l'idée de convoler en justes noces. Ils s'aiment et veulent prendre leur indépendance de leurs parents respectifs ; quoi de mieux pour ça que de se marier? Il y a aussi la relation entre Amylie et Mags, qui, si elle reste chaste, ne se développe pas moins. D'ailleurs, Mags ressent avec beaucoup d'acuité la «surveillance bienveillante» qui entoure la fille du Hérault du roi. Pas facile d'explorer ses envies physiques quand on sait que pas mal de gens regardent par-dessus votre épaule...

La rupture vient environ à la moitié du livre et d'un chapitre à l'autre, on change radicalement d'ambiance et d'atmosphère. Tout à coup, Mags est de retour dans la mine, là où il craint à nouveau les colères de Cole Pieters, la mort qui rôde dans les galeries, les fantômes des enfants qui n'y ont pas survécu... Sauf que quelque chose lui rappelle que ceci n'est pas la réalité. Quelque chose de profond en lui. Ce passage et ce qui suit, quand il découvre qu'il a été enlevé et drogué, sont parmi les plus intéressants que l'auteure a écrit. Parce que l'on est avec Mags dans cette plongée dans ses souvenirs, là où résident ses peurs les plus profondes, mais on est aussi dans son entrée en résistance, face à ses traumatismes, autant qu'à ses kidnappeurs.

Le passage par la survie, quand il réussit à s'échapper, est à la fois très bien écrit... et un peu étrange, parce que Mags fait beaucoup appel à des connaissances qu'il a acquises à la mine. On est un peu surpris par la diversité de ce qui peut être appliqué à la survie en forêt. C'est bien écrit, mais peu en lien avec le personnage comme tel.

Pour qui est familier avec l'univers de Mercedes Lackey, le passage par Karse rappelle beaucoup de souvenirs et autant de petits plaisirs de lecture, car on sait, on devine ce qui va se passer. Pour qui n'a jamais lu une ligne de cet auteure, c'est une belle entrée en matière. Surtout en ce qui concerne un félin un peu trop grand pour être un félin ordinaire

Les trente dernières pages sont bourrées d'action et le rythme est haletant. Mais c'est parce que l'on s'est attaché aux personnages en premier lieu. Si ça n'avait pas été le cas, ces pages, au lieu d'être palpitante, aurait juste été une scène d'action ordinaire, bien écrire, mais sans plus.

La fin est un peu abrupte, sans réelle conclusion, mais bon, c'est ainsi. On en saura plus dans le dernier tome sûrement!

lundi 7 août 2023

ChatGPT, ce blogue et moi

 Salut!

L'autre jour j'ai écouté un épisode du balado The Daily du New York Times qui parlait de l'intelligence artificielle et plus particulièrement de ChatGPT. Les deux journalistes discutaient des impacts de celle-ci sur les droits d'auteurs, sur la création, mais ils allaient plus large encore et je me suis mis à écouter encore plus attentivement. C'est connu, les modèles d'IA actuel se nourrissent de tous les textes trouvés sur internet qu'ils peuvent. On le sait, mais c'est quand on regarde les détails que l'ampleur du phénomène se déploie.

La balado distinguait deux situations: celles des personnes protégées par le droit d'auteur et les autres (dont ce blogue fait parti). Disons que vous publiez un roman. Vous êtes protégés. En théorie. Si quelqu'un, quelque part numérise votre roman et le met quelque part sur le web, vous êtes cuits. ChatGPT ou ses collègues IA vont le trouver et se nourrir de ses mots. Ensuite, ces merveilleuses machines pourront créer du matériel tellement semblable à l'original que bien des gens s'y laisseront prendre. Évidemment, ce ne sera sans doute pas du matériel qui va réinventer votre plume, vos thèmes ou vos idées, mais ce sera très proche. L'idée, c'est que sortir vos données de la matrice de l'IA est un peu comme remettre un génie dans sa bouteille pour l'instant: c'est sans doute possible, mais très difficile! Et il va falloir déployer beaucoup d'efforts pour y arriver. Bref, la situation n'est pas rose pour ceux qui ont des droits d'auteurs, mais à force de poursuites judiciaires, les chances sont bonnes qu'un équilibre se trouve à long terme.

L'autre situation qu'abordait la balado m'a particulièrement frappée, parce que eh, elle me concerne! Moi qui croyais ne pas avoir à me préoccuper des IA, je me suis rendu compte que je m'étais fourvoyée! Parce que tous les textes qui ne sont pas officiellement protégés par le droit d'auteur sur internet sont concernés. Pensez billets de blogues, forum de discussion, fanfiction, et j'en passe. Tous ces mots écrits sont là, disponibles pour la sangsue IA qui avale le tout. Mon blogue en fait partie, mon blogue qui a maintenant treize ans, qui compte plus de 1500 entrées, dans lequel j'ai blablaté sur tellement de sujets et de tellement de façons. Certes, j'ai une mention de copyright sur mon blogue, mais je ne me méprends pas sur mon pouvoir contre une entreprise richissime basée aux États-Unis: faire respecter mes droits d'auteur face à un tel géant est quasi chimérique. C'est David contre Goliath, mais David est un Liliputien et Goliath un Brobdingradien. 

Est-ce que ChatGPT pourrait un jour écrire des billets de blogue à ma place, imiter mes élucubrations livresques ou mes critiques de livres, bref, voler la chose que j'ai disséminée à tout vent depuis des années sans avoir conscience qu'une sangsue IA pourrait un jour s'en gaver? La question m'a sauté au visage en écoutant cette balado. Je n'y avais jamais pensé avant. Il faut dire que je suis un tout petit poisson dans cet océan qu'est le web. Mon importance est très relative. Sauf que voilà, ChatGPT et cie sont des baleines qui se nourrissent du plancton de l'internet autant que des gros poissons, alors, je suis prise dans la machine. Je ne suis pas Reddit qui pense rendre l'accès à ses forums payant pour ceux qui voudraient scanner son contenu. Je n'ai pas ce pouvoir. Que me restait-il à faire? Vérifier l'état de la chose.

J'ai donc demandé à un collègue qui a un compte ChatGPT de taper ses mots dans la machine: Écrire un billet de blogue à la manière de Prospéryne. J'étais un peu nerveuse en formulant cette demande. Qu'est-ce que cette intelligence artificielle allait bien me servir? Honnêtement, je n'ai pas eu à attendre longtemps. Un clic et le texte s'est mis à apparaître. Et croyez-moi, c'est une expérience un peu folle de voir les mots apparaître sur l'écran plus vite qu'aucun humain ne peut taper. Le voici:

Chères âmes voyageuses et curieuses,

Aujourd'hui, je vous convie à un périple hors du temps, une escapade empreinte de mystères et de merveilles. Ouvrez grand vos yeux et vos cœurs, car nous allons ensemble explorer les trésors cachés du monde, ces joyaux insoupçonnés qui sommeillent dans l'ombre des destinations touristiques habituelles.

Tel un papillon de nuit attiré par la lueur d'une étoile, je m'enfonce avec délice dans les dédales d'une cité médiévale oubliée. Ses ruelles pavées me murmurent des histoires anciennes, tandis que les murs de pierre gardent précieusement leurs secrets. C'est ici, dans ce cocon hors du temps, que les âmes poétiques trouveront refuge, loin de l'agitation du monde moderne.

Et que dire de ces forêts d'émeraude qui s'étendent à perte de vue, ces édens secrets où le chant des oiseaux se mêle au murmure du vent dans les feuilles ? Loin des sentiers battus, la nature se livre à nous dans toute sa splendeur, nous invitant à nous reconnecter à notre essence profonde.

De l'autre côté de l'horizon, il existe des océans d'aventures qui n'attendent que d'être explorés. Loin des plages bondées, je me suis embarquée sur un voilier vers des contrées lointaines. Les vagues puissantes m'ont offert une danse enivrante, et les étoiles ont veillé sur mes nuits d'émerveillement. L'océan, cette source inépuisable d'inspiration et de sagesse, a nourri mon âme de sa beauté brute et sauvage.

Mais il n'est nul besoin de traverser les océans pour découvrir des joyaux méconnus. Certains se cachent tout près, juste à notre porte. Un petit café au coin de la rue peut se révéler être un véritable havre de paix, où les discussions s'étirent comme des rubans de soie et les rires s'envolent telles des lucioles.

Et que serait un voyage sans la rencontre de l'autre ? Les êtres humains sont sans aucun doute les trésors les plus précieux de cette planète. J'ai croisé des regards venus des quatre coins du globe, et dans chacun d'eux, j'ai découvert une part de moi-même, un reflet de l'humanité.

Mes chers compagnons de voyage, je vous invite à prendre le temps de vous perdre pour mieux vous retrouver. Laissez vos pas vous guider vers ces recoins insoupçonnés, ces trésors cachés qui éveilleront votre cœur et enflammeront votre imagination.

Car c'est dans ces flâneries enchanteresses que la vie se colore de mille nuances, que nos souvenirs se parent de magie, et que nous devenons les conteurs d'une histoire unique et inoubliable.

Alors, partons ensemble à la quête de ces trésors cachés du monde, et que nos âmes vagabondes nous guident vers l'essence même de notre être.

Avec amour et émerveillement, Prospéryne

J'ai lu, relu et relu ce paragraphe, médusée. Parce que, et bien, il ne doit pas y avoir des dizaines de Prospéryne sur le web et pourtant, cette IA aux innombrables possibilités avait réussi à pondre un billet de blogue... sans aucun rapport avec ce que j'écris! Je n'y reconnais pas mon style parfois sarcastique et mes tics d'écritures. Je n'y reconnais pas non plus mes thèmes livresques. Fiou! On ne pourrait pas confondre un de mes billets de blogue avec ce texte!

Bref, ça a calmé temporairement mes craintes. Temporairement. Parce que vraiment, avec cette IA et celles qui vont suivre, je crains que mon petit coin d'internet bien tranquille ne le soit plus autant qu'avant.

@+ Mariane

jeudi 29 juin 2023

Collegium Chronicles : Changes de Mercedes Lackey

 Collegium Chronicles Tome 3 Changes Mercedes Lackey Daw 388 pages


Résumé:

Au Collegium, tout le monde est désormais épris d'une nouvelle passion: le kirball. À ce nouveau sport, Mags est un héros aux yeux de tous, adulé pour son agilité et pour celle de Dallen son compagnon. Mais en dehors de ce sport, il suit un autre entraînement. Le Héraut du Roi, Nikolas, commence discrètement sa formation pour en faire un espion. Ce qui inclut d'apprendre à se faire passer pour qui il n'est pas. Sauf que les mystérieux assassins qui s'en sont déjà pris à Valdemar ne les ont pas oubliés. Ils seraient de retour, cachés quelque part dans Haven. Et prépareraient une autre manoeuvre: enlever Amylie, la fille de Nikolas et amoureuse de Mags, pour faire chanter son père et ainsi, contrôler le royaume.

Mon avis:

Ça faisait un bout de temps que je ne m'étais pas plongée dans un bouquin de Mercedes Lackey et je suis retombée avec plaisir dans son univers qui m'est si familier. Les problèmes avec l'écriture aussi: une écriture qui tend au tell beaucoup trop, de grandes longueurs qui retardent le début de l'action et certains éléments de l'intrigue qui font se gratter la tête, mais tout de même, un vrai plaisir de lecture, car elle a le don de nous plonger dans les aventures de ses personnages.

Mags, dans sa double vie de héros de kirball (un match occupe tout le premier chapitre, quand je disais des longueurs qui retardent le début de l'action...) et d'apprenti espion, reste Mags: l'enfant obligé de travailler dans une mine dans des conditions d'esclavage qui sait qu'il ne sera jamais complètement comme les autres. Malgré tout, ce rôle d'espion qu'on lui offre lui plaît, à la fois parce qu'il lui donnera une place utile et que ses habiletés naturelles s'y prêtent. Lui qui a un Don particulièrement puissant de télépathie, une très grande facilité au maniement d'armes et une capacité quasiment féline de se promener sur les toits. Ses incessants questionnements, à savoir ce qu'il fait est-il juste, qu'est-ce qui est attendu de lui, sont autant celles d'un adolescent que d'un enfant qui veut se prouver aux adultes qui l'entourent. Et qui doit affronter les changements que le passage à l'âge adulte provoque.

À ses côtés, ses meilleurs amis Bear le guérisseur et Lena la barde ont aussi leurs propres combats à mener, contre leurs propres parents. Le père de Bear désapprouve le fait que son fils soigne avec des herbes parce que soigner devrait être réservé à ceux qui ont un Don, ce dont Bear est dépourvu. Alors que pour ce père, les herbes sont une perte de temps, le jeune guérisseur réussit de petites merveilles qui sont reconnues par ses pairs. Mais comment grandir lorsque l'on n'est pas reconnu par nos parents? Lena fait face au même problème: son propre père, le célèbre barde Marchand va jusqu'à dire qu'il n'est pas sûr qu'elle est sa propre fille pour éviter qu'elle ne lui fasse de l'ombre! Le combat contre les parents, contre l'autorité, est la trame de fond de ce tome, mais il m'a semblé qu'elle était surfaite pour les amis de Mags. Même leurs disputes ne semblaient exister que pour nourrir la trame de ce dernier. De quoi s'ennuyer de Ron et Hermione!

Amylie de son côté est décidée à subir une opération qui lui permettra peut-être de remarcher. Le risque est grand, surtout que Bear n'a pas de Don et supervisera l'opération. Incapable de supporter plus longtemps d'être un poids pour tous, elle veut acquérir son indépendance. Car le temps presse: son statut de cible des assassins redouble la vigilance autour d'elle et lui fait encore plus ressentir le poids de son handicap. Son arc dans ce tome est intéressant, car autant elle souhaite acquérir son indépendance, autant son statut de cible lui attire une attention qui n'est pas sans lui plaire!

L'intrigue générale du tome suit la ligne classique déjà mise en place par les deux premiers tomes de la série: un début peu relié au reste des événements, un événement déclencheur qui survient autour de la page 100 (oui, je suis rendue à ce degré de précision!), une première montée en tension, puis une deuxième qui nous garde rivée sur notre bouquin pour savoir la fin. Avec au passage, beaucoup trop d'événements qui tombent un peu trop bien, comme, ah, tiens, le premier soir où Mags commence son apprentissage d'espion survient l'événement nécessaire pour faire avancer l'intrigue! Et la suite survient le lendemain soir! Quand je disais se gratter la tête. Mais bon, je pardonne ces faiblesses. Parce que l'univers qui entoure l'intrigue est très bien construit et que les personnages sont attachants. Même si ça me tape parfois un brin sur les nerfs, je vais lire la suite!

mardi 27 juin 2023

Quand les mots dansent devant nos yeux

 Salut!

L'autre jour, je lisais tranquillement un livre, quand tout à coup, j'ai eu l'impression que je venais de lire trois fois la même ligne. C'était le cas. J'avais beau prêter attention à ce que je lisais, mon cerveau n'interprétait pas correctement les lettres placées dans l'ordre sur l'écran de ma liseuse. Et ce n'est pas la faute de celle-ci! Le même phénomène m'est déjà arrivé avec un bon vieux bouquin.

Quand on y pense, la lecture est un petit miracle. Par le biais d'une série de caractères, placés dans un ordre précis, avec des espaces entre ceux-ci et une présentation prédéterminée, un être humain peut offrir à un autre une foule d'informations. Que celles-ci soit personnelles, informationnelles ou fictionnelles n'a au fond que peu d'importance. La magie est que deux personnes qui ne se connaissent pas, qui ne se sont jamais rencontrées, peuvent par ce biais échanger des informations. Ceci vaut même pour le billet que vous êtes en train de lire! Je ne vous connais pas nécessairement, mais parce que nous avons ce langage en commun, vous pouvez lire mes élucubrations sur la lecture, le monde du livre et parfois la vie d'auteure sans même que nous nous soyons mis d'accord au départ sur un mode de communication.

Ceci dit, tout cela est possible grâce au moteur secret caché au creux de nos boîtes crâniennes respectives: le cerveau. C'est celui-ci qui, en lien avec nos yeux qui captent les caractères, nos mains qui tournent les pages, nos corps qui s'ajustent pour trouver une position confortable, nous permet de déchiffrer l'information. Et bon, tout l'appareillage susmentionné peut être soumis à de petits problèmes ou à des moments de performance moindre: on peut être fatigué, stressé, ou avoir consommé une substance quelconque qui perturbe nos récepteurs chimiques internes. Ce qui fait que les magnifiques lettres finissent par danser sous nos yeux et le sens du texte peut nous apparaître difficile à saisir, voir obscur. 

Sans compter que le texte lui-même peut-être au-delà de notre compréhension. Par exemple, si vous me parlez d'histoire médiévale, j'en connais assez pour être capable de dégager le sens général du texte, même s'il est farci de mots anciens ou latins. Par contre, si vous me parlez de physique quantique... Un peu normal que je relise dix fois la même phrase : je vais avoir besoin de travailler beaucoup plus afin d'en tirer du sens. Il va me falloir comprendre les mots d'abord, puis les relations des mots entre eux et finalement lire une phrase complète pour voir si je comprends. Si ça ne fait pas sens avec celle qui suit, c'est raté!

Même chose si je lis un texte en anglais, surtout au début. Mais ça veut dire quoi ça et ça et ça? Je connais ce mot-là, mais si je lis la phrase au complet, il ne fait pas de sens dans le contexte! Ça le fait moins avec le temps, mais au début, je lisais le livre dans une main et le dictionnaire dans l'autre! Et ça faisait danser le texte sous mes yeux. Même si je déchiffrais parfaitement le moindre caractère sous mes yeux, la magie qui permet à mon cerveau de faire en sorte que des mots se forment et des phrases naissent et ainsi de suite ne fonctionnait pas. Encore une fois ici la pratique a été la clé: à force de lire, la magie a opéré et maintenant, je lis de plus en plus couramment dans la langue de Shakeaspeare. Ce qui est une grande victoire, qui m'a demandé du boulot, mais une grande victoire quand même. Je n'ose même pas penser à ce que cela pourrait être de lire dans une langue utilisant un alphabet autre que latin, comme le japonais ou l'arabe!

Lire est un petit miracle de nos cerveaux, qui nous sert à tant de choses. Néanmoins, il ne faut pas trop s'inquiéter si les lettres sous nos yeux commencent à faire la valse, le tango ou du hip-hop. Ça peut arriver. Allez vous coucher ou changez de livre!

@+! Mariane